Limitation des transferts de devises à 7500 euros : grande nouveauté pour la diaspora

Face à la nécessité de contrôler les flux financiers et de moderniser son économie, l’Algérie a instauré une limite annuelle de 7500 euros pour les transferts de devises en espèces. Cette mesure, qui a suscité des débats, a été clarifiée récemment par le ministre des Finances, Laâziz Faïd. Dans ses réponses aux interrogations des députés, le ministre a expliqué les raisons de cette limitation, ses objectifs et ses implications pour les résidents, les non-résidents et la diaspora.

Interrogé sur la question de savoir si la limitation à 7500 euros s'applique à un seul voyage ou à plusieurs, le ministre des Finances a indiqué dans sa réponse écrite le 16 janvier 2025, que l'article 2 du règlement 05-24 ne spécifie pas le nombre de voyages. En revanche, il fixe un plafond annuel de 7500 euros pour l'exportation de devises en espèces. Ainsi, un voyageur peut exporter cette somme en une seule fois ou en plusieurs voyages, à condition de ne pas dépasser le montant autorisé sur une année civile.

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Pour les montants transférés, le ministre a rappelé qu’une attestation bancaire est désormais obligatoire. Ce document, fourni par une banque algérienne pour les comptes en devises, assure une transparence dans les opérations financières et facilite le suivi des transferts. Ce cadre réglementaire n’est pas nouveau, puisqu’il s’appuie sur des dispositions déjà en vigueur, comme le décret 61-87 datant de 1987.

7500 euros par an, peu importe le nombre de voyages

Le ministre a souligné que cette mesure vise principalement à réduire la dépendance au marché parallèle, où les devises circulent souvent sans contrôle. En favorisant leur réintégration dans le circuit officiel, cette initiative contribue à renforcer la stabilité de l’économie nationale.

En outre, la Banque d’Algérie encourage l’utilisation de solutions modernes comme les cartes bancaires internationales, offrant des alternatives sûres et pratiques pour les paiements à l’étranger. Cela diminue les risques liés au transport de liquidités et améliore la sécurité des transactions financières. Le ministre a précisé que ces dispositifs s’inscrivent dans les standards internationaux, tout en optimisant les coûts pour les institutions financières algériennes.

Des garanties pour la diaspora algérienne

Le ministre a insisté sur l’absence de contraintes pour la diaspora algérienne. Les Algériens vivant à l’étranger peuvent importer des devises sans plafond, à condition de respecter les règles de déclaration auprès des douanes. Les sommes importées peuvent également être réexportées en toute liberté, sous réserve de présenter une preuve de déclaration initiale. Le ministre a insisté sur le fait que cette réglementation ne vise pas à contraindre la communauté nationale établie à l’étranger, mais plutôt à encadrer les flux financiers de manière transparente et sécurisée.

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En réponse aux interrogations sur la légalité de cette mesure, Laâziz Faïd a rappelé que la Banque d’Algérie dispose des pouvoirs nécessaires pour réguler les opérations de change. Ces prérogatives sont inscrites dans des textes juridiques, notamment la loi monétaire et bancaire du 21 juin 2023. Le plafond annuel de 7500 euros repose donc sur une base législative et constitutionnelle solide, permettant de protéger l’économie nationale tout en respectant les droits des citoyens.

Cette limitation s’inscrit dans une stratégie globale visant à moderniser les flux financiers en Algérie. En favorisant des outils numériques et en limitant les pratiques informelles, le gouvernement cherche à sécuriser les transactions et à restaurer la confiance des citoyens dans le système bancaire. En parallèle, cette mesure contribue à protéger les intérêts économiques du pays, tout en réduisant les coûts liés à l’importation de devises en espèces.


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