La Sonatrach, géant pétrolier algérien, ne cache plus son impatience. Avec des investissements colossaux et des délais serrés, le groupe public intensifie ses efforts pour mener à bien ses projets stratégiques. Hassi R’mel, Skikda et Ouargla sont au cœur de ses priorités, et les partenaires étrangers, notamment l’américain Baker Hughes et l’italien Tecnimont, sont appelés à respecter les engagements pris.
Le développement du gisement de Hassi R’mel figure parmi les projets phares de la Sonatrach. Ce champ gazier, déjà en exploitation, est en pleine phase d’expansion avec le projet Boosting III, dont l’objectif est d’augmenter significativement la production nationale. Ce chantier, confié à un consortium dirigé par Baker Hughes et Tecnimont, représente un investissement stratégique pour le pays.
Un calendrier sous haute surveillance
Selon un article du site l'Algérie Aujourd'hui, lors d’une réunion organisée, dimanche 2 février 2025, soit un mois et demi après une rencontre à Rome, Rachid Hachichi, PDG de Sonatrach, a réitéré son exigence : les travaux doivent être livrés dans les délais impartis.
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Le contrat attribué à l'Américain Baker Hughes comprend la fourniture et l’installation de 20 trains de compression sur trois stations de surpression de gaz. Les Italiens Tecnimont et Nuovo Pignone International Srl, eux, sont en charge de l’adaptation du réseau de collecte du gaz et de la mise en place d’unités de traitement essentielles. Avec une production cible de 180 millions de m³ de gaz par jour, ce projet est l’un des plus ambitieux lancés par Sonatrach ces dernières années.
Skikda et Ouargla : des investissements de 2 milliards de dollars
Outre Hassi R’mel, Sonatrach met également l’accent sur deux autres chantiers stratégiques confiés à Tecnimont pour un montant total de près de 2 milliards de dollars. Le premier concerne la construction d’un complexe pétrochimique à Skikda, destiné à produire 100'000 tonnes d’alkylbenzène linéaire par an à partir de 2027. Ce composé, utilisé dans la fabrication de détergents, s’inscrit dans la volonté de l’Algérie de diversifier son industrie pétrochimique et de mieux exploiter ses ressources en hydrocarbures.
Le second projet concerne l’usine de GPL de Rhourd El Baguel, qui a récemment bénéficié d’une extension de neuf mois pour sa réalisation. Initialement prévue pour le premier semestre 2026, la mise en service de cette installation, qui nécessitera un investissement de 800 millions de dollars, devrait permettre la production de 1000 tonnes de GPL et 300 tonnes de condensats par jour. À ce jour, le taux d’avancement des travaux est estimé à 73 %.
Un enjeu stratégique pour l’Algérie
L’Algérie, qui mise fortement sur ses ressources énergétiques pour asseoir sa position sur le marché international, ne peut se permettre aucun retard. Ces infrastructures sont essentielles pour répondre à la demande intérieure croissante tout en garantissant un excédent exportable. L’exigence de Sonatrach vis-à -vis de ses partenaires n’est donc pas anodine : toute dérive dans les délais pourrait compromettre la rentabilité et l’efficacité de ces investissements colossaux.
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En multipliant les réunions de suivi et en maintenant une pression constante sur Baker Hughes et Tecnimont, la Sonatrach veut s’assurer que ses projets avancent selon le calendrier établi. L’issue de ces grands chantiers sera déterminante pour la stratégie énergétique du pays, et les mois à venir seront cruciaux pour voir si la rigueur imposée portera ses fruits.