L’Algérie amorce une modernisation sans précédent de son secteur portuaire afin de renforcer son efficacité et sa compétitivité internationale. Cette réforme vise à améliorer la gestion des infrastructures maritimes et à soutenir la dynamique des exportations hors hydrocarbures, un pilier stratégique de la diversification économique nationale.
Lors d’une récente réunion du gouvernement, présidée par le Premier ministre Nadir Larbaoui, un avant-projet de loi modifiant le code maritime a été examiné, selon un communiqué du Premier ministère publié sur sa page Facebook. Cette initiative, en application des orientations du Chef de l'Etat Abdelmadjid Tebboune, prévoit la mise en place d’une autorité nationale portuaire dédiée à la modernisation et à l’optimisation des ports algériens.
Une réforme en profondeur du cadre réglementaire
L’objectif principal de cette nouvelle entité est de remédier aux dysfonctionnements actuels et de fluidifier les opérations logistiques en améliorant la coordination entre les différents acteurs portuaires, tels que les douanes et les services de contrôle. Une gestion plus performante des flux de marchandises est essentielle pour réduire les délais d’attente des navires et diminuer les coûts liés aux transactions commerciales.
Économie Hydrocarbures : l’Algérie mobilise 71,6 milliards de dollars pour augmenter sa production
Parmi les mesures phares de cette réforme, l’Algérie a décidé d’instaurer un service continu dans six ports stratégiques : Djen Djen, Alger, Bejaïa, Annaba, Oran et Mostaganem. Cette transition vers un fonctionnement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 permettra de décongestionner ces infrastructures et d’optimiser la logistique portuaire. L’objectif est de fluidifier le commerce extérieur, de rendre les ports algériens plus attractifs pour les investisseurs et d’accroître leur rôle dans les échanges régionaux et internationaux.
Investissements massifs dans les équipements et les infrastructures
L’Algérie mise également sur des investissements majeurs pour moderniser ses équipements portuaires. Un budget de 200 millions d’euros a été alloué en 2025 pour acquérir des installations modernes, notamment des conteneurs réfrigérés destinés à l’exportation de produits agricoles vers des marchés sensibles aux variations climatiques.
Par ailleurs, d’importants travaux de réaménagement sont en cours pour renforcer la capacité d’accueil des ports. Le port de Djen Djen, par exemple, a récemment vu sa capacité passer de 2500 à 6000 EVP (Équivalent Vingt Pieds), le plaçant ainsi comme un acteur clé du commerce en Méditerranée.
Un impact économique prometteur
Grâce à cette transformation, l’Algérie ambitionne d’améliorer la fluidité de son commerce extérieur, de réduire les coûts logistiques et d’attirer davantage d’investisseurs étrangers. La modernisation des infrastructures et la digitalisation des procédures offriront aux exportateurs des conditions optimales pour accéder aux marchés internationaux.
Économie Marché noir en Algérie : l’euro et le dollar reculent, voici les nouveaux prix
Cette réforme ambitieuse marque ainsi un tournant stratégique pour le pays, qui entend s’imposer comme un hub portuaire incontournable en Méditerranée. En modernisant ses infrastructures et en optimisant ses opérations, l’Algérie se positionne pour relever les défis de la mondialisation et dynamiser sa croissance économique à long terme.
