Expulsions des Algériens de France : Macron remet les pendules à l'heure

Dans un entretien accordé à Le Figaro, le président français Emmanuel Macron a tenu à clarifier la position de l'Algérie concernant le rapatriement de ses ressortissants en situation irrégulière en France. Il juge la coopération des autorités algériennes sur ce dossier acceptable en comparaison à d'autres pays voisins.

Contrairement aux affirmations répétées du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et du premier ministre François Bayrou, qui dénoncent un manque de coopération d'Alger, le chef de l’État affirme que les autorités algériennes collaborent bel et bien sur ce dossier. Le nombre de laissez-passer consulaires délivrés “ne sont pas si mauvais ces derniers temps (...) surtout lorsqu’on les compare à ceux d’autres pays d’Afrique du Nord," a-t-il souligné.

Selon Macron, 3 000 laissez-passer consulaires ont été délivrés en 2024, un chiffre qu’il juge acceptable en comparaison avec d’autres pays comme le Maroc, la Tunisie et le Mali. Une déclaration qui remet en cause la version de Retailleau et Bayrou, tous deux critiques à l’égard de la gestion des expulsions.

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L'Algérie accusée de freiner les expulsions

Depuis plusieurs mois, la question des expulsions des Algériens en situation irrégulière en France est au cœur des débats politiques. Bruno Retailleau, fervent défenseur d’une politique migratoire plus stricte, accuse Alger de refuser systématiquement de délivrer les documents nécessaires au renvoi de ses citoyens. Il avait soutenu à plusieurs reprises que cette réticence rendait quasi impossible l’application des obligations de quitter le territoire français (OQTF).

Même son de cloche du côté de François Bayrou, allié de Macron mais en désaccord avec lui sur ce point. Le premier ministre a dénoncé une "absence de volonté politique" des pays du Maghreb pour reprendre leurs ressortissants et estime que le gouvernement français se montre trop conciliant.

Une coopération algérienne nuancée par Macron

Emmanuel Macron, en revanche, apporte un éclairage différent sur le sujet. Pour lui, l'Algérie joue le jeu, même si le nombre de laissez-passer consulaires accordés n’est pas aussi élevé que souhaité. 3 000 documents délivrés en une année, selon lui, témoignent d’un certain engagement d’Alger, surtout en comparaison avec d’autres nations de la région.

Le chef de l'État semble ainsi vouloir éviter une crispation diplomatique avec Alger, tout en maintenant une position ferme sur la nécessité de réguler l’immigration clandestine. Un équilibre délicat, alors que la question migratoire reste un sujet hautement inflammable en France. “Chacun est dans ses compétences. L’accord de 1968, c’est le président de la République”, a déclaré Macron.

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“Et ce qu’on a acté avec le président  Abdelmadjid Tebboune en 2022, c’est sa modernisation. Je suis totalement favorable, non pas à le dénoncer, mais à le renégocier”, a ajouté le président français qui s'adresse à Retailleau et Bayrou pour les remettre à leur place.

Un enjeu politique majeur en France

Les déclarations contradictoires entre Macron et Retailleau ne sont pas anodines. La politique migratoire est l’un des sujets les plus sensibles du moment, notamment à l’approche des élections européennes.

D’un côté, les partisans d’une ligne dure, comme Retailleau et d’autres figures de la droite, réclament des mesures plus coercitives contre les immigrés en situation irrégulière. De l’autre, Macron tente d’adopter une approche plus pragmatique, en insistant sur l’importance du dialogue avec les pays d’origine des migrants.

Le chef de l'État semble ainsi vouloir éviter de brusquer l’Algérie, un partenaire clé de la France sur plusieurs fronts, notamment la lutte contre le terrorisme au Sahel et les intérêts économiques communs.

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Au-delà des chiffres et des déclarations officielles, cette divergence traduit une lutte politique et médiatique entre les différentes sensibilités du gouvernement et de la majorité présidentielle. Retailleau et Bayrou cherchent à imposer un discours plus ferme sur l’immigration, alors que Macron tente de désamorcer les tensions en mettant en avant des éléments de coopération. Reste à voir si ces déclarations suffiront à convaincre l’opinion publique, alors que le débat sur les expulsions des Algériens en France ne cesse de monter en intensité.


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