L'Algérie enregistre un excédent commercial malgré la baisse des prix

Malgré des conditions internationales marquées par l’instabilité économique et une forte contraction des prix à l’exportation, l’Algérie parvient à maintenir un excédent commercial en 2024. L’analyse détaillée des flux commerciaux du pays révèle une situation contrastée mais globalement positive, confirmant la résilience relative du commerce extérieur algérien.

Selon les derniers chiffres du bureau national des statistiques (ONS), relayés par le site arabophone Echorouk Online, cette performance repose sur un ajustement des volumes d’échanges et sur une dynamique d’importation modérée.

Le rapport de l’ONS met en évidence une baisse de 7,4 % des prix à l’exportation, imputable principalement au recul des cours des hydrocarbures, pilier des exportations algériennes. Les produits hors hydrocarbures suivent la même tendance, avec un repli de 6,7 %. Cette dégradation des prix s’est traduite par une diminution de 11,6 % de la valeur totale des exportations, qui s’élèvent à 6605,8 milliards de dinars contre 7468,5 milliards en 2023.

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Importations en hausse mais maîtrisées

Parallèlement, les importations ont progressé de 9,6 % en valeur pour atteindre 6352,1 milliards de dinars. Ce chiffre masque une hausse notable en volume (+13,1 %) qui reflète une demande accrue sur certains segments, alors que les prix moyens des importations ont baissé de 3,1 %. L’indice global des prix à l’importation s’établit ainsi à 158,6 points, en recul par rapport aux 163,6 points de l’année précédente.

Le solde commercial reste positif, bien que considérablement réduit. Il passe de 1674,5 milliards de dinars en 2023 à 253,7 milliards en 2024, soit une chute de près de 85 %. Cette évolution reste favorable, dans la mesure où le pays parvient à éviter un déficit, un scénario redouté dans le contexte actuel de baisse des revenus extérieurs.

Termes de l’échange ont fortement reculé

Le taux de couverture des importations par les exportations est passé de 128,9 % à 104 %, et les termes de l’échange ont reculé de 100,4 % à 95,9 %. Cela traduit une baisse de la valeur relative des produits exportés par rapport à ceux importés. Cette évolution pèse sur la rentabilité des échanges, sans pour autant inverser le solde global du commerce extérieur.

Si la majorité des produits importés ont vu leurs prix baisser, trois segments se distinguent par une hausse notable : les carburants minéraux, huiles et produits dérivés (+25,7 %), les produits chimiques (+1,7 %) et les machines et équipements de transport (+3 %). Cette différenciation sectorielle souligne des tendances spécifiques dans les besoins de l’économie nationale.

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L’année 2024 confirme que l’Algérie, bien qu’exposée aux fluctuations du marché mondial, parvient à maintenir un équilibre fragile mais réel dans ses échanges extérieurs. Le recul des recettes à l’exportation n’a pas encore compromis la capacité du pays à financer ses importations, mais souligne la nécessité d’une diversification économique accrue pour consolider les équilibres à moyen terme.


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