À partir du 28 avril 2025, le Portugal mettra en œuvre un changement important dans le traitement des demandes de permis de séjour et de leurs renouvellements. L’Agence pour l’intégration, la migration et l’asile (AIMA) a annoncé qu’elle n’acceptera désormais que les dossiers complets lors du dépôt initial, supprimant la possibilité de régulariser les documents manquants après soumission.
Cette réforme marque une rupture avec la pratique actuelle, qui permet aux demandeurs de compléter leurs dossiers dans un délai de dix jours ouvrables, selon le Code de procédure administrative (CPA). Désormais, toute demande incomplète sera automatiquement rejetée, et les demandeurs devront reprendre le processus depuis le début. L’objectif affiché par les autorités portugaises est de fluidifier le traitement administratif et de réduire les retards chroniques.
Impact sur les résidents étrangers
Cette évolution pourrait représenter un défi pour de nombreux étrangers résidant au Portugal, notamment ceux ayant une maîtrise limitée de la langue portugaise. Selon des avocats spécialisés, comme Elaine Linhares et Catarina Zuccaro, citées par Visa News, la décision d’exiger des dossiers complets dès le premier contact va à l’encontre de l’article 77 du CPA, qui impose à l’administration de notifier les demandeurs afin qu’ils puissent corriger d’éventuelles omissions.
Immigration Click Day Italie 2027 : quand déposer sa demande de visa de travail ?
En parallèle à ce durcissement, le Portugal poursuit ses efforts de modernisation de son système d’immigration. Depuis janvier 2025, AIMA a commencé à automatiser la prise de rendez-vous biométriques et accepte désormais les documents en anglais, français et espagnol, sans exiger de traduction. Ces ajustements visent notamment à résorber le volume important de demandes en attente dans le cadre du programme de visa doré, qui dépassaient les 55 000 dossiers.
vers un système plus efficace mais plus rigide
Si ces nouvelles règles peuvent permettre d’accélérer les décisions pour les demandeurs bien préparés, elles risquent aussi d’introduire une complexité supplémentaire pour ceux qui n’ont pas facilement accès aux ressources administratives. Le Portugal, en réformant ses pratiques, cherche à équilibrer efficacité et contrôle, au risque de fragiliser certains profils déjà vulnérables.
