En déplacement en Haute-Garonne ce mardi13 mai, Emmanuel Macron a ouvert la voie à une réorientation du financement du modèle social français. Constatant les limites d’un système reposant presque exclusivement sur le travail, le président français a suggéré que la consommation pourrait être davantage mise à contribution.
Une déclaration qui, en pleine tension budgétaire, amorce une inflexion fiscale aux effets potentiellement significatifs sur le pouvoir d’achat des ménages. Devant des élus et des habitants réunis à Gaillac-Toulza, Emmanuel Macron a déclaré : « le financement du modèle social repose trop sur le travail»
Cette annonce marque un tournant dans le discours présidentiel, qui jusqu’ici avait évité d’aborder frontalement la question de la structure des prélèvements. Il a préconisé de basculer vers une fiscalité qui repose davantage sur la consommation.
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Ce glissement potentiel du prélèvement sur le revenu vers un prélèvement sur la dépense s’inscrit dans un contexte budgétaire sous forte contrainte, avec un déficit public à 5,5 % du PIB en 2023 et une dette dépassant les 110 %. «Je demande au gouvernement d’ouvrir ce chantier avec l’ensemble des forces syndicales et patronales» a-t-il souligné. Et d'ajouter, «quand on regarde nos voisins, certains taxent davantage la consommation.»
Une orientation budgétaire dictée par les chiffres
Le modèle français repose essentiellement sur des prélèvements liés au travail, en particulier les cotisations sociales. Or, avec un ralentissement de la croissance, un chômage persistant et un vieillissement démographique qui accroît la part des bénéficiaires, cette base de financement devient instable.
Le chef de l’État suggère donc une refonte des mécanismes de financement, qui pourrait inclure une évolution de la TVA ou de la CSG, sans que ces options ne soient encore tranchées. « De plus en plus de jeunes (...) ne veulent pas être salariés» et «de plus en plus de seniors» veulent «travailler différemment,» précise-t-il.
Des pistes fiscales connues, mais sensibles
Le président français ne s’est pas engagé sur des mesures précises, mais son discours renvoie à plusieurs leviers déjà évoqués au sein de l’exécutif. Une augmentation de la TVA est souvent évoquée, en raison de son fort rendement fiscal. La taxe pourrait aussi être réorientée sur certains produits ou services, dans une logique d’incitation écologique ou sanitaire.
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Une autre option consisterait à ajuster la contribution sociale généralisée (CSG), qui a l’avantage d’être prélevée sur l’ensemble des revenus, y compris ceux du capital et de remplacement. Enfin, une extension de la fiscalité environnementale pourrait revenir dans les discussions, bien que son impact politique soit encore marqué par la crise des Gilets jaunes.
