France : un brillant étudiant en 5ᵉ année de médecine confronté à une OQTF

Un étudiant étranger en fin de cursus médical se retrouve sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Ce cas emblématique illustre les difficultés croissantes rencontrées par les étudiants internationaux pour obtenir ou renouveler leur titre de séjour. À Paris, la situation de ce futur médecin suscite l'émoi au sein de la communauté universitaire et médicale.

Rayen Fakhfakh, étudiant tunisien de 21 ans en 5ᵉ année de médecine à Paris, a vu sa demande de titre de séjour rejetée par la préfecture, rapporte ce samedi 14 juin le média Actu.fr. Arrivé en France à l'âge de 12 ans pour rejoindre son frère, ce brillant élément avait obtenu son baccalauréat à 16 ans avec mention. La préfecture de Paris a motivé son refus par l'absence d' "attache familiale suffisante" et le manque de "perspective d'emploi immédiate", selon la notification reçue en avril 2024.

L'avocate de l'étudiant, Me Caroline Andrivet, membre du barreau depuis 2012, dénonce une décision "stéréotypée" qui ne tiendrait pas compte des éléments du dossier. "Mon client effectue des gardes à l'hôpital dans le cadre de ses études et a toujours respecté ses obligations", souligne-t-elle. Depuis le rejet initial, Rayen Fakhfakh a obtenu une autorisation provisoire de séjour lui permettant de poursuivre ses stages hospitaliers obligatoires, tout en ayant engagé un recours devant le tribunal administratif de Paris.

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Cette affaire d'OQTF s'inscrit dans un contexte de restriction des conditions de séjour pour les étrangers en France. La circulaire Retailleau de novembre 2024 a notamment porté à sept ans la durée de présence requise pour bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour. Les statistiques du ministère de l'Intérieur révèlent une baisse de 24% des régularisations entre novembre 2024 et avril 2025 par rapport à la même période en 2023-2024. Parallèlement, le nombre d'OQTF a atteint 128'250 en 2024, contre 79'950 en 2015, selon Eurostat.

La réforme du droit des étrangers adoptée en janvier 2024 a par ailleurs étendu la validité des OQTF à trois ans, contre un an auparavant. Cette mesure, combinée à l'augmentation des interdictions de retour sur le territoire français (IRTF), crée selon les associations une situation particulièrement anxiogène pour les étudiants et travailleurs étrangers en situation irrégulière. Le cas de Rayen Fakhfakh, bien qu'ayant obtenu un sursis temporaire, illustre les incertitudes croissantes pesant sur le parcours des étrangers en France, y compris pour ceux en voie de compléter des formations longues et exigeantes.


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