Le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a introduit une mesure réglementaire qui modifie en profondeur les procédures d’importation en Algérie. Désormais, le programme prévisionnel d’importation (PPI), document préalable à toute domiciliation bancaire, devra être enregistré auprès d’une seule banque. Cette obligation s’applique à toutes les opérations d’importation, qu’elles concernent des biens d’équipement ou de fonctionnement.
Seules les grandes entreprises conservent la possibilité de répartir leurs opérations entre plusieurs établissements bancaires, sous réserve d’une notification préalable au ministère. Pour les autres opérateurs économiques, cette règle impose un interlocuteur bancaire unique, ce qui met fin aux pratiques courantes de domiciliation multiple.
Liste exhaustive des PPI domiciliés
La directive, datée du 11 août 2025, précise également que les banques devront transmettre chaque fin de mois au ministère la liste exhaustive des PPI domiciliés. L’opérateur reste juridiquement responsable de l’exactitude et de la conformité de son programme. En cas de non-respect, la responsabilité administrative et financière incombera directement à l’importateur.
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Instauré officiellement le 9 juillet 2025, le PPI est devenu un élément central du dispositif de contrôle du commerce extérieur. Sans ce document, aucune domiciliation bancaire ne peut être validée. Cette exigence a entraîné des retards notables et des blocages de marchandises dans plusieurs ports. Face à ces difficultés, une instruction datée du 1er août 2025 a prolongé les délais de dépôt, repoussant certaines échéances au 15 août et jusqu’au 20 août pour certains projets industriels.
Mesures pour débloquer les marchandises
Pour désengorger les plateformes portuaires, le ministère a autorisé, à titre exceptionnel, le dédouanement des marchandises déjà arrivées, sous réserve d’un engagement formel à présenter le PPI lors des futures opérations. Cette disposition transitoire vise à fluidifier la chaîne logistique tout en maintenant le dispositif de contrôle.
Selon les autorités, l’objectif est double : rationaliser la gestion des flux d’importations et renforcer la traçabilité des transactions liées au commerce extérieur. En imposant une domiciliation unique, le ministère entend obtenir une vision consolidée des volumes importés, identifier précisément les opérateurs et limiter les risques de fraude documentaire ou de doublons administratifs.
Les entreprises face à un nouveau cadre
Pour les entreprises, l’impact est immédiat. Les services financiers et approvisionnements doivent adapter leurs processus internes afin de se conformer à la nouvelle règle. Les grandes structures, disposant de relations multiples avec le secteur bancaire, conservent une marge de manœuvre mais restent soumises à des obligations de déclaration strictes.
Plusieurs acteurs du commerce demandent des précisions sur la définition exacte de « grande entreprise » et sur les procédures à suivre en cas de changement de banque en cours d’exercice. Ils insistent également sur l’importance d’une réactivité des établissements bancaires pour éviter tout ralentissement supplémentaire dans les opérations d’importation.
