Blé tendre : l'Algérie passe une grosse commande

L’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a lancé un appel d’offres international pour l’importation de 50 000 tonnes de blé tendre. Cette annonce a été rapportée le 22 septembre 2025 et concerne un volume qui pourrait, comme par le passé, dépasser les quantités initialement prévues.

Selon l’agence Reuters, il est fréquent que l’Algérie achète des volumes supérieurs à ceux indiqués dans ses appels d’offres. La date limite fixée pour la soumission des propositions est le mardi 23 septembre, avec une validité des offres jusqu’au mercredi 24 septembre. Comme pour les précédents appels d’offres, les livraisons dépendent de l’origine géographique du blé. Pour les fournisseurs européens, les expéditions sont prévues entre le 1er et le 15 novembre puis entre le 16 et le 30 novembre. Pour les origines situées en Amérique du Sud ou en Australie, les envois doivent être réalisés un mois plus tôt.

Les besoins annuels de l’Algérie en céréales sont estimés à environ 9 millions de tonnes, ce qui inclut le blé tendre et le blé dur. Le pays recourt régulièrement aux importations pour assurer la couverture de la demande intérieure en blé tendre, utilisé notamment pour la fabrication du pain.

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L'Algérie profite de la baisse des prix

L’appel d’offres de l’OAIC intervient dans un contexte marqué par une baisse des prix mondiaux du blé. Sur le marché Euronext, la tonne s’échange actuellement autour de 190 euros. Les analystes du site Terre-Net indiquent que « l’abondance de l’offre mondiale bloque encore les prix du blé en territoire négatif sur Euronext ».

Le Département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) prévoit une production mondiale de blé tendre de 809 millions de tonnes pour la campagne 2025-2026. Ce chiffre représente une hausse de 1,1 % par rapport à la campagne précédente, estimée à 800 millions de tonnes. Cette évolution est attribuée à de bonnes conditions de culture, notamment en Russie et en Chine.

Fin juillet 2025, le site Plein Champ a rapporté que la Chine, avec une récolte nationale qualifiée d’excellente et des stocks importants, a réduit ses importations de blé tendre. Pour l’année 2025, les perspectives de récolte sont équivalentes à celles de 2024, ce qui laisse envisager une poursuite de la limitation des achats par ce pays.

En France, la production de blé est annoncée à 33 millions de tonnes. Toutefois, la baisse des prix affecte la trésorerie des exploitants agricoles. En août 2025, l’analyste Arthur Portier a déclaré qu’« il manque 30 euros par tonne de blé vendue ». De son côté, Xavier Cassedanne, analyste au Crédit Agricole, a souligné que « l’Algérie, qui était historiquement le premier client pour le blé tendre français, n’est plus au rendez-vous depuis deux ans. En 2024-2025, aucune tonne n’a été exportée vers ce pays ». Jean-François Pépy, représentant du port céréalier de Rouen, a confirmé récemment que l’absence de livraisons vers l’Algérie contribue à la baisse des prix du blé sur le marché français.

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Capacités de stockage et production locale

En parallèle aux importations, l’Algérie poursuit un programme d’amélioration de ses capacités de stockage. L’objectif est de disposer d’infrastructures permettant d’accueillir 9 millions de tonnes de céréales. Ce plan inclut la construction de silos modernes ainsi que de centres de stockage à plat répartis sur le territoire. Ces installations facilitent la livraison de blé par les producteurs et permettent de renforcer les stocks stratégiques.

Concernant le blé dur, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a affirmé en juin 2025 qu’une « production attendue de blé dur nous permettant d’assurer l’autosuffisance » était prévue. Selon ses déclarations, près de 80 % de la demande nationale est déjà couverte par la production locale. Le blé dur est principalement utilisé pour la fabrication de pâtes alimentaires et de pain.

Ces résultats sont liés au soutien de l’OAIC, qui propose aux producteurs des prix avantageux ainsi que des subventions pour les semences certifiées et les engrais. Le Sud du pays contribue désormais à hauteur de 10 % à la production nationale, estimée à 30 millions de quintaux. Des entreprises étrangères participent également au développement de la filière. L’entreprise italienne Bonifiche Ferraresi s’est engagée à partager son expertise avec l’Algérie pour l’amélioration de la production de blé.

Etendre les superficies irriguées

Le secteur agricole en Algérie connaît des efforts d’intensification de la production. Le nouveau ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Yacine El-Mahdi Oualid, a déclaré vouloir promouvoir « une agriculture intelligente » et investir dans la formation en « tirant parti des expériences internationales ».

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Par ailleurs, l’Algérie vise à étendre les superficies irriguées à un million d’hectares. Les contraintes liées au réchauffement climatique obligent cependant les producteurs à adapter leurs méthodes. Les autorités agricoles considèrent encore que le secteur présente des réserves de productivité, notamment concernant l’implantation des céréales.


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