Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), a exprimé des critiques concernant la politique d'Emmanuel Macron envers l'Algérie. Cette prise de position intervient dans un contexte où les relations diplomatiques entre la France et l'Algérie sont en constante évolution, avec des tentatives de rapprochement.
Pour le Rassemblement national, un retour à des relations apaisées entre les deux pays n'est pas favorable à sa ligne politique, qui repose en grande partie sur des critiques récurrentes de l'Algérie et des immigrés algériens.
Jordan Bardella a réagi à la participation de l'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, à la cérémonie d'hommage aux victimes algériennes du 17 octobre 1961. Ce massacre, survenu lors des manifestations contre le couvre-feu imposé aux Algériens en France durant la guerre d'Algérie, est régulièrement au cœur des tensions entre la France et l'Algérie. Le 17 octobre 2025, la commémoration a eu lieu sur le pont de Bezons à Paris, et la présence de l’ambassadeur de France a été perçue comme un geste de réconciliation entre les deux nations.
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Cependant, Jordan Bardella a vivement critiqué cet acte, le qualifiant de "soumission" de la France face à l'Algérie. Sur les réseaux sociaux, il a écrit que « alors qu’Alger multiplie les provocations et qu’un rapport parlementaire estime à 2 milliards d’euros par an la prise en charge de migrants algériens, Emmanuel Macron continue de se mettre à genoux et d’humilier la France ». Selon lui, cette attitude ne fait qu'affaiblir la position de la France face à l'Algérie, un pays qu'il considère comme peu enclin à une véritable coopération sur des dossiers sensibles comme l'immigration.
Les tensions sur l'immigration et la politique d'Emmanuel Macron
Une autre dimension de la critique de Jordan Bardella concerne la gestion de l'immigration, notamment vis-à-vis des ressortissants algériens. Le président du RN a prétendu que l'Algérie refusait de récupérer ses ressortissants sous obligation de quitter le territoire français (OQTF). Cette situation, selon lui, illustre l'absence de coopération véritable de la part de l'Algérie dans la gestion des flux migratoires.
Bardella a également estimé que la politique d'Emmanuel Macron envers l'Algérie, incluant des gestes de réconciliation et des démarches de repentance, ne servait à rien. Le président du Rassemblement national a affirmé que ces politiques ne faisaient qu'encourager l'Algérie dans ses demandes et ses exigences vis-à-vis de la France. Dans cette optique, il a plaidé pour une rupture des relations avec l'Algérie, une suspension de l'immigration et des aides au développement, ainsi qu'une position plus ferme sur la question de la récupération des ressortissants algériens.
La position du RN sur la relation franco-algérienne
Cette critique de Jordan Bardella s'inscrit dans une dynamique plus large du Rassemblement national concernant la politique étrangère d'Emmanuel Macron. En effet, le RN a régulièrement dénoncé la politique de rapprochement de la France avec certains pays africains, et particulièrement avec l'Algérie. Pour le Rassemblement national, un retour à la normale des relations franco-algériennes est problématique car il va à l'encontre de sa ligne politique. La question de l'Algérie et des immigrés algériens reste un thème central dans les discours du RN, qui l’utilise fréquemment pour alimenter ses attaques contre la politique migratoire de la France et sa gestion des relations internationales.
Dans ce contexte, la démarche d'Emmanuel Macron visant à apaiser les relations avec l'Algérie est perçue par le Rassemblement national comme une forme de menace. Le RN considère qu'une telle politique de réconciliation peut nuire à ses bases électorales, qui reposent sur une position plus dure vis-à-vis des pays d'Afrique du Nord, de l'immigration, et des questions mémorielles liées à la guerre d'Algérie.
