Le groupe Cevital s'apprête à concrétiser l'un des plus importants investissements de son histoire dans le secteur agroalimentaire. Un complexe dédié à la transformation de la betterave sucrière est en cours de développement sur un site isolé du sud algérien, mobilisant des ressources financières considérables. Ce projet, évoqué pour la première fois il y a plusieurs années, entre désormais dans une phase concrète.
L'idée de ce complexe betteravier remonte à 2021, mais sa mise en œuvre a été retardée par diverses procédures administratives. Après plus de cinq ans d'attente et de blocages, le dossier a connu une accélération décisive ces derniers mois. Le fondateur du groupe, Issad Rebrab, en avait fait un dossier prioritaire pour l'avenir industriel de Cevital dans le secteur agroalimentaire. Et ce, avant qu'il prenne sa retraite.
Le gouvernement algérien, de son côté, a multiplié les initiatives pour relancer la culture de la betterave sucrière sur le territoire national. Cette volonté politique fait suite à des expériences antérieures mitigées, notamment celle de l'usine d'El Menéa, qui visait une production annuelle de 900'000 tonnes de sucre mais n'a pas atteint les résultats escomptés. L'État encourage désormais les investissements privés dans cette filière pour réduire la dépendance aux importations.
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Une implantation massive à Mansourah
Le site retenu pour ce mégaprojet de Cevital se trouve à Mansourah, dans la wilaya de Ghardaïa, aux confins des wilayas d'El Menéa et de Ouargla. La concession accordée au groupe dépasse les 1200 hectares, une superficie nécessaire pour accueillir à la fois les cultures et les installations industrielles. L'enveloppe financière mobilisée avoisine les 600 millions de dollars, un montant confirmé par Malik Rebrab, propriétaire du projet, lors d'une visite de terrain organisée le 28 avril 2026 par le wali de Ghardaïa, Abdellah Abi Nouar.
L'accès au site témoigne de l'isolement de la zone choisie. Après avoir parcouru 115 kilomètres de route depuis Ghardaïa, il faut encore emprunter 45 kilomètres de piste à travers le désert pour atteindre la plateforme de forage. La visite officielle a d'ailleurs été écourtée par une violente tempête de sable, empêchant la délégation et la presse de mener l'inspection technique jusqu'à son terme. Cet épisode illustre les conditions extrêmes dans lesquelles le projet est mené.
Les premiers résultats agricoles encourageants
Le modèle retenu par Cevital repose sur une intégration verticale complète, de la culture de la betterave à la transformation en sucre de table. Les premières expérimentations agricoles sont déjà en cours sur plus de 1000 hectares. Une sonde de forage destinée à la recherche d'eau est active sur le site, ayant atteint une profondeur de 385 mètres lors du dernier relevé effectué.
Selon les responsables du groupe présents sur place, les rendements préliminaires obtenus sont qualifiés de « très encourageants ». L'usine de transformation sera implantée à proximité immédiate des zones de culture afin de limiter les coûts logistiques et de préserver la qualité de la matière première. Cette configuration vise à créer un écosystème industriel cohérent, où la betterave récoltée est rapidement acheminée vers les lignes de transformation.
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Cinq mille emplois annoncés à terme
L'impact sur l'emploi local constitue l'un des arguments mis en avant par les porteurs du projet. Les prévisions communiquées par Cevital font état de 5000 postes créés au total une fois le pic de production atteint. Environ deux tiers de ces emplois seraient des postes directs, le reste relevant d'activités induites dans la région de Mansourah et des communes voisines.
Ce complexe agro-industriel devrait, à terme, réduire la facture d'importation de sucre du pays. Le groupe Cevital transforme ainsi une zone désertique en un pôle de production sucrière, avec l'ambition affichée de couvrir une part significative des besoins nationaux.
