Pétrole : les revenus de l’Algérie reculent malgré une hausse de la production

Les revenus de pétrole de l’Algérie repartent à la baisse alors même que la production nationale de brut retrouve ses niveaux les plus élevés depuis plusieurs années. Ce décalage entre volumes produits et recettes encaissées commence à alimenter les interrogations sur la solidité du modèle économique algérien, encore largement dépendant des hydrocarbures.

Après l’euphorie de 2022 et l’explosion des prix de l’énergie provoquée par la guerre en Ukraine, le marché pétrolier mondial a changé de visage. Les prix restent plus volatils, la demande ralentit dans certaines régions et les pays producteurs, dont l’Algérie, doivent composer avec une nouvelle réalité : produire davantage ne garantit plus automatiquement des revenus records.

L’Algérie retrouve sa production, mais pas ses recettes

Selon les données relayées par la plateforme spécialisée dans l’énergie Attaqa, les revenus issus des exportations pétrolières algériennes ont connu un net recul après le sommet historique atteint en 2022. Cette année-là, les recettes pétrolières du pays avaient dépassé 32 milliards de dollars grâce à l’envolée des cours mondiaux du brut. Les chiffres publiés montrent toutefois une baisse progressive. Les revenus pétroliers algériens sont passés de 32,5 milliards de dollars en 2022 à 26,1 milliards en 2023, à autour de 25,8 milliards de dollars en 2024, avant de descendre à 22.4 milliards de dollars en 2025.

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Cette tendance intervient pourtant alors que l’Algérie augmente progressivement sa production. D’après les données du marché pétrolier international, la production nationale a augmenté de 20'000 barils par jour en en 2025 pour atteindre 996'000 barils/jour. Ce paradoxe résume à lui seul la situation actuelle : l’Algérie extrait davantage de pétrole, mais gagne moins d’argent qu’au plus fort de la crise énergétique mondiale.

Revenus pétroliers : pourquoi les recettes reculent en 2026

La première explication réside dans les prix mondiaux du pétrole. En 2022, le baril de Brent avait dépassé à plusieurs reprises les 120 dollars sous l’effet des tensions géopolitiques et des sanctions visant la Russie. Cette flambée avait offert une véritable bouffée d’oxygène aux pays exportateurs comme l’Algérie.

Depuis, les cours ont nettement corrigé. Les marchés restent sous pression à cause du ralentissement économique mondial, des inquiétudes sur la demande chinoise et de l’augmentation progressive de l’offre de plusieurs producteurs membres de l’OPEP+.

Cette baisse s’explique principalement par la volatilité des prix mondiaux du pétrole. En 2025, le baril de Brent a enregistré son plus fort recul annuel depuis la pandémie en 2020. Son prix moyen s’est établi autour de 70 dollars, soit une baisse d’environ 10 dollars par rapport à 2024.

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Perspectives pour 2026

Autre élément important : les exportations algériennes de pétrole brut ont elles-mêmes reculé au début de l’année 2026. Les données relayées par la presse spécialisée indiquent une baisse d’environ 6 % des exportations au premier trimestre, avec une moyenne de 361'000 barils par jour contre 384'000 durant la même période un an plus tôt. Ce recul s’explique notamment par des arbitrages liés à la stratégie de l’OPEP+, mais aussi par une consommation intérieure algérienne qui continue de progresser, réduisant mécaniquement les volumes destinés aux marchés étrangers.

Cependant, les tensions géopolitiques autour du détroit d'Ormuz ont rabattu les cartes sur le marché énergétique mondial. La remontée des prix du brut va certainement jouer en faveur de l’Algérie : même avec des volumes exportés plus faibles, la hausse du baril à plus de 100 dollars permettrait au pays d’augmenter ses recettes pétrolières.

L’Europe reste un client majeur du pétrole algérien

L’Espagne, l’Italie et la France figurent toujours parmi les principaux acheteurs du pétrole algérien. Depuis le début de la guerre en Ukraine, plusieurs pays européens ont renforcé leur intérêt pour les hydrocarbures nord-africains afin de réduire leur dépendance à la Russie.

L’Algérie a ainsi consolidé sa place comme fournisseur énergétique stratégique du sud de l’Europe, notamment dans le gaz naturel. Mais sur le pétrole, la concurrence reste intense avec les producteurs du Golfe, les États-Unis ou encore certains pays africains.

Parallèlement, de nouveaux marchés asiatiques prennent de l’importance. La Corée du Sud apparaît désormais parmi les clients dont les importations de pétrole algérien progressent le plus rapidement. Cette diversification géographique offre une certaine marge de manœuvre à Sonatrach et aux autorités algériennes, même si elle ne suffit pas à compenser totalement la baisse des prix mondiaux.

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