Le Fond monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM), l’Agence internationale de l'énergie (AIE) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) alertent sur un risque de pénurie de pétrole dès cet été si le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ne revient pas rapidement à la normale.
Dans une déclaration commune publiée à l’issue d’une réunion entre leurs responsables, les quatre institutions ont indiqué que les stocks mondiaux de pétrole se réduisent à un rythme très rapide. Elles attribuent cette situation à la perte d’une partie majeure des livraisons transitant par le détroit d’Ormuz, passage stratégique reliant le golfe Persique à la mer d’Arabie.
Le détroit d’Ormuz au centre de l’alerte énergétique
Cette zone concentre une part importante du commerce mondial d’hydrocarbures. Près d’un cinquième des volumes échangés dans le monde y transite habituellement. Toute perturbation prolongée peut donc affecter l’approvisionnement de nombreux pays importateurs, en particulier à l’approche du pic de demande estival dans l’hémisphère nord.
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Les organisations internationales préviennent qu’une circulation maritime durablement entravée pourrait entraîner une baisse rapide et continue des réserves disponibles. Le risque ne concerne pas seulement les marchés pétroliers. Il touche aussi la sécurité énergétique, les coûts de transport, l’inflation et la résistance de l’économie mondiale.
Des stocks de pétrole sous pression avant l’été
La crise actuelle est liée à la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, après l’attaque menée fin février par les États-Unis et Israël. Cette décision a réduit les flux maritimes dans une zone déjà sensible. Malgré un cessez-le-feu conclu puis prolongé, les discussions entre Washington et Téhéran n’ont pas encore permis d’aboutir à un accord politique durable.
Les répercussions se font déjà sentir dans plusieurs économies émergentes et en développement, notamment en Asie. Face à la diminution de l’offre disponible, certains gouvernements ont adopté des mesures destinées à limiter la consommation de produits pétroliers.
Les économies vulnérables en première ligne
Les institutions notent aussi que les pays les plus fragiles supportent une part disproportionnée du choc. La hausse des prix du pétrole peut renchérir les transports, l’électricité, les biens importés et les engrais, avec un effet direct sur les budgets publics et les ménages.
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Lors des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva avait indiqué que le FMI se tenait prêt à répondre à une hausse des demandes d’assistance financière. Les besoins additionnels pourraient atteindre 20 à 50 milliards de dollars.
L'impact sur l'Algérie
Pour l’Algérie, cette situation présente un double effet. En tant que producteur et exportateur d’hydrocarbures, le pays pourrait bénéficier à court terme d’une hausse des prix du pétrole et du gaz sur les marchés internationaux. Des cours plus élevés renforceraient les recettes d’exportation, les revenus budgétaires et les marges financières de l’État, dans un contexte où les hydrocarbures demeurent un pilier des équilibres économiques nationaux. Cette dynamique pourrait aussi améliorer temporairement la position extérieure du pays, notamment à travers les recettes en devises.
Cette évolution comporte néanmoins des risques. Une crise prolongée dans le détroit d’Ormuz peut fragiliser la demande mondiale, ralentir la croissance des partenaires commerciaux de l’Algérie et accentuer l’instabilité des marchés. Une hausse durable des prix du pétrole peut aussi renchérir certains produits importés, dont les équipements industriels, les intrants agricoles et les biens de consommation. Pour Alger, l’enjeu sera donc de transformer une éventuelle amélioration des revenus du pétrole en marge de sécurité, sans dépendre d’un choc géopolitique par nature instable.
