France-Algérie : pourquoi les billets d’avion coûtent-ils plus cher qu’au Maroc et en Tunisie ?

Les voyageurs entre la France et l’Algérie constatent régulièrement des prix plus élevés que sur des liaisons comparables vers le Maroc ou la Tunisie, notamment pendant les périodes de forte demande. Cette différence s’explique par plusieurs facteurs liés à la concurrence, aux capacités disponibles et au fonctionnement du marché aérien algérien.

L’Algérie n’a pas conclu d’accord « Open Sky » avec l’Union européenne. L’accès à son marché aérien reste donc encadré, contrairement au Maroc, qui a signé un accord de ce type avec l’UE en 2006. Cette ouverture a favorisé l’arrivée de nombreuses compagnies étrangères et le développement des transporteurs à bas coût sur les liaisons marocaines.

Environ 44 compagnies aériennes, dont 18 à bas coût, desservent aujourd’hui le Maroc. En 2024, Ryanair y a transporté 9,1 millions de passagers, contre 7,4 millions pour Royal Air Maroc. L’Algérie accueille, pour sa part, une douzaine de compagnies étrangères, tandis qu’Air Algérie conserve une place dominante sur plusieurs liaisons directes avec la France.

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Les difficultés rencontrées par les compagnies étrangères pour transférer leurs recettes hors d’Algérie constituent une autre contrainte. Selon des données de l’Association internationale du transport aérien (IATA), citées par plusieurs médias économiques, environ 258 millions de dollars de recettes appartenant aux transporteurs étaient bloqués en Algérie en mars 2026. Cette situation renforce les contraintes financières supportées par les opérateurs étrangers.

Une forte demande face à un nombre réduit de compagnies

Les liaisons entre la France et l’Algérie sont principalement assurées par quatre transporteurs : Air Algérie, Air France, Transavia et ASL Airlines France. Cette offre doit répondre à une demande soutenue, alimentée notamment par les déplacements familiaux de la diaspora algérienne établie en France. La fréquentation augmente pendant l’été, les vacances scolaires et certaines périodes religieuses.

Les prix peuvent ainsi varier fortement selon la date du voyage. En dehors des périodes de forte affluence, certains allers-retours sont proposés entre 130 et 250 euros, avec des offres ponctuelles comprises entre 67 et 95 euros. Durant l’été, les tarifs peuvent dépasser 600 euros. En juillet 2026, certains billets entre la France et l’Algérie ont même été affichés jusqu’à 600 euros pour un aller simple.

La situation est différente sur la liaison Paris-Tunis, où Tunisair, Air France, Transavia, Nouvelair, easyJet et Vueling se partagent le marché. Certains billets de Nouvelair peuvent être proposés autour de 87 euros hors saison. Les tarifs restent toutefois soumis à la saisonnalité : un aller-retour Tunis-Paris coûtait environ 460 dinars tunisiens au début du mois de février, contre plus de 1 300 dinars au début du mois d’août.

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Le trafic touristique accentue l’écart avec le Maroc

Le volume touristique contribue également au développement de l’offre aérienne. Le Maroc a accueilli environ 20 millions de touristes en 2025 et enregistré 36,8 millions de passagers dans ses aéroports. Ce niveau de fréquentation permet aux compagnies de proposer davantage de liaisons et de maintenir leur activité tout au long de l’année.

L’Algérie reste sous la barre des trois millions de touristes annuels. Son trafic international dépend largement des déplacements de la diaspora. La France représente environ 5,8 millions de passagers et 60 % du trafic aérien international algérien, mais cette demande se concentre sur des périodes précises.

Des évolutions sont toutefois observées. Air Algérie a proposé des billets à partir de 98 euros vers Paris ou Lyon à la fin de l’année 2025 et présenté de nouvelles offres en septembre 2026. Volotea a également renforcé ses liaisons entre Marseille et l’Algérie durant l’été 2026. Ces initiatives augmentent ponctuellement les capacités, sans atteindre, pour l’instant, le niveau de concurrence observé sur les liaisons vers le Maroc et la Tunisie.


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