Le visa Schengen pourrait connaître l’une de ses principales réformes depuis plusieurs années. Bruxelles veut revoir en profondeur les règles qui encadrent les visas de court séjour : frais supplémentaires, procédures plus rapides pour certains voyageurs, visas à entrées multiples plus avantageux et utilisation accrue du visa comme outil de coopération avec les pays tiers. Mais, à ce stade, rien n’a encore changé pour les demandeurs.
La Commission européenne a lancé le chantier le 8 septembre 2026 avec une consultation consacrée à la révision du Code des visas. Elle doit se poursuivre jusqu’au 6 octobre, avant la préparation d’une proposition législative attendue au premier trimestre 2027. Les nouvelles mesures devront ensuite être négociées et adoptées avant de pouvoir entrer en vigueur.
Le visa Schengen pourrait coûter plus cher
Parmi les mesures examinées figure la création d’une contribution financière supplémentaire harmonisée. Elle pourrait venir s’ajouter aux frais de dossier déjà réclamés lors d’une demande de visa Schengen.
Aujourd’hui, un visa de court séjour coûte 90 euros pour un adulte et 45 euros pour un enfant âgé de 6 à 12 ans. Ces tarifs avaient déjà augmenté en juin 2024, passant respectivement de 80 à 90 euros et de 40 à 45 euros. Des frais de service peuvent également être facturés lorsqu’un prestataire extérieur collecte les dossiers.
Aucun montant n’a cependant été décidé pour la nouvelle contribution envisagée. Il serait donc prématuré de parler d’une nouvelle taxe déjà applicable aux Algériens ou aux autres demandeurs.
Des procédures plus rapides pour certains voyageurs
La réforme ne prévoit pas uniquement des contraintes supplémentaires. Bruxelles veut également simplifier les démarches pour les voyageurs considérés comme fiables.
L’Union européenne réfléchit notamment à des visas à entrées multiples d’une durée plus longue pour les personnes voyageant régulièrement dans l’espace Schengen. Des salariés d’entreprises préalablement vérifiées pourraient aussi bénéficier de rendez-vous prioritaires, de délais de traitement raccourcis et d’un nombre réduit de justificatifs.
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Actuellement, le délai normal de traitement d’un dossier est de 15 jours, mais il peut atteindre 45 jours lorsqu’un examen plus approfondi est nécessaire.
Sécurité, immigration et attractivité économique
Pourquoi l’Europe veut-elle modifier son système ? La Commission avance plusieurs raisons. Sa première stratégie européenne sur les visas, présentée le 29 janvier 2026, vise à renforcer la sécurité des frontières tout en rendant l’Europe plus attractive pour les touristes, investisseurs, chercheurs, étudiants et travailleurs qualifiés.
Le volume de demandes reste considérable. En 2025, plus de 12 millions de demandes de visas Schengen de court séjour ont été déposées dans le monde, soit une hausse de 4,3 % en un an. Plus de 10 millions de visas ont été délivrés.
Pour l’Algérie, l’enjeu est particulièrement sensible. Le taux de refus des demandes déposées dans le pays est passé de 35 % en 2024 à environ 31 % en 2025, selon les statistiques européennes.
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Ce qui change aujourd’hui pour les Algériens
Pour l’instant, rien. Un demandeur algérien continue de déposer sa demande selon les règles actuellement en vigueur et les frais européens restent fixés à 90 euros pour un adulte.
La réforme du visa Schengen entre seulement dans sa phase préparatoire. Son contenu définitif pourrait encore évoluer. Mais le cap fixé par Bruxelles est clair : rendre le système plus numérique et plus rapide pour certains profils, tout en renforçant les contrôles et en utilisant davantage la politique des visas dans les relations avec les pays tiers.
Pour les voyageurs algériens, les véritables changements ne pourront donc être évalués qu’après la présentation du texte législatif prévue en 2027.
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