Gazoduc transsaharien (TSGP) : l'Algérie veut avancer plus vite

L’Algérie veut faire avancer plus vite le gazoduc transsaharien TSGP, un projet de plus de 4 000 kilomètres destiné à relier les réserves gazières du Nigeria au réseau algérien, via le Niger. En visite à Niamey les 21 et 22 septembre 2026, le ministre des Hydrocarbures Mohamed Arkab a placé le calendrier du projet au centre de ses discussions avec les autorités nigériennes.

Reçu mardi par le président du Niger, Abdourahamane Tiani, Mohamed Arkab a notamment évoqué le lancement des relevés topographiques du futur tracé sur le territoire nigérien ainsi que les études environnementales, d’impact et géotechniques. Ces opérations sont indispensables avant les phases lourdes de construction. Alger et Niamey ont convenu de poursuivre leur coordination afin d’accélérer ces étapes.

Un gazoduc de 4 128 kilomètres

Le TSGP doit relier le Nigeria, le Niger et l’Algérie sur environ 4 128 km, selon les données les plus récentes publiées par Sonatrach. Sa capacité cible est estimée à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an. À plein régime, cela représente un débit moyen théorique d’un peu plus de 82 millions de m³ par jour.

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Le gaz produit au Nigeria traverserait le Niger avant d’entrer en Algérie et de rejoindre Hassi R’Mel, principal hub gazier du pays. À partir de ce point, il pourrait être injecté dans le réseau national puis dirigé vers les infrastructures algériennes d’exportation, notamment celles connectées au marché européen.

Le projet est porté conjointement par Sonatrach, la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC) et la Société nigérienne du pétrole (SONIDEP).

Les travaux ont déjà commencé en Algérie

Une étape décisive a été franchie le 4 juin 2026, avec le lancement officiel, à Aoulef dans la wilaya d’Adrar, des travaux sur la partie algérienne. Selon Sonatrach, ce tronçon doit suivre le corridor de la route transsaharienne depuis la frontière algéro-nigérienne jusqu’au Centre national de dispatching du gaz de Hassi R’Mel. Le tracé a été conçu pour longer autant que possible des routes, gazoducs et infrastructures déjà existants afin de réduire les contraintes logistiques et faciliter la construction et la maintenance.

La veille du lancement des travaux, le 3 juin, les trois pays avaient validé le rapport final d’une étude de faisabilité actualisée. Cette révision faisait suite au contrat signé en février 2025 entre Sonatrach, NNPC et SONIDEP avec le bureau d’études Penspen.

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L’étude de 2025 retenait encore une capacité comprise entre 20 et 30 milliards de m³ par an. Les documents de Sonatrach publiés en 2026 retiennent désormais comme référence une capacité estimée de 30 milliards de m³.

Le Niger reste une étape technique déterminante

C’est actuellement au Niger que se concentre une partie importante du travail préparatoire. Dès mars 2026, Sonatrach avait envoyé une équipe à Niamey pour collecter les données techniques du tracé et examiner les règles locales concernant les permis, les autorisations de construction, les études de danger et les études d’impact environnemental.

Six mois plus tard, le lancement annoncé des relevés topographiques et des études géotechniques montre que ce tronçon reste encore dans une phase préparatoire avancée. Le TSGP n’est donc pas encore un gazoduc achevé sur l’ensemble de son parcours. L’Algérie a engagé les travaux sur son territoire, tandis que plusieurs études restent à finaliser au Niger.

C’est précisément ce calendrier qu’Alger cherche aujourd’hui à raccourcir. L’enjeu est industriel mais aussi énergétique : avec une capacité théorique de 30 milliards de m³ par an, le TSGP ouvrirait au gaz nigérian un nouvel accès aux infrastructures de transport et d’exportation algériennes.

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