L’Algérie s’impose comme le premier exportateur africain de dattes en volume en 2025. Mais derrière cette première place flatteuse apparaît un paradoxe : la Tunisie exporte moins de dattes, tout en générant beaucoup plus de recettes. Un écart qui remet au premier plan la question de la valorisation du produit algérien à l’étranger.
Selon les données 2025 de Trade Map relayées par Agence Ecofin, l’Algérie arrive en tête des exportateurs africains de dattes en volume avec environ 185 000 tonnes. La Tunisie, deuxième avec près de 147 000 tonnes, génère toutefois davantage de recettes. Ces données commerciales peuvent encore faire l’objet de révisions et doivent être distinguées des statistiques nationales définitives.
Mais en valeur, le classement s’inverse complètement : les exportations tunisiennes auraient rapporté autour de 347 millions de dollars. Autrement dit, avec moins de marchandise vendue, la Tunisie encaisse presque deux fois plus. Des données commerciales similaires ont également été compilées à partir de Trade Map, avec l’Égypte, la Libye et l’Afrique du Sud derrière les deux voisins maghrébins.
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Une tonne algérienne de dattes vendue beaucoup moins cher
Le contraste apparaît encore plus clairement lorsqu’on rapporte les recettes aux volumes. Sur la base de ces chiffres, la tonne exportée par l’Algérie ressort autour de 995 dollars, contre environ 2 360 dollars pour la Tunisie.
Cela ne signifie pas nécessairement que la datte tunisienne est intrinsèquement meilleure. Le prix à l’export dépend aussi du type de produit vendu, du conditionnement, de la transformation, du calibrage, des certifications, de la marque et surtout des marchés ciblés.
La Tunisie dispose depuis longtemps d’une industrie exportatrice fortement tournée vers la Deglet Nour conditionnée et valorisée sur les marchés internationaux. Les statistiques tunisiennes confirment d’ailleurs le poids économique de la filière : au cours des dix premiers mois de la campagne 2025-2026, les exportations ont atteint 144 100 tonnes, en hausse de 13,3 % sur un an, selon l’Observatoire national de l’agriculture cité par l’agence TAP.
L’Algérie dispose pourtant d’un potentiel considérable
Le paradoxe est d’autant plus frappant que l’Algérie produit beaucoup plus de dattes que ce qu’elle exporte. La production nationale a atteint environ 1,3 million de tonnes en 2025, selon les chiffres rapportés cette année sur la filière. Le pays dispose d’environ 19 millions de palmiers et figure parmi les principaux producteurs mondiaux.
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La Deglet Nour algérienne, notamment celle produite dans les régions de Biskra et de Tolga, bénéficie par ailleurs d’une réputation internationale. Le défi n’est donc plus uniquement de produire davantage ou de remplir davantage de conteneurs. Il consiste à vendre mieux.
Les pouvoirs publics avaient déjà fixé comme objectif d’augmenter fortement les recettes tirées des dattes et d’élargir le nombre de marchés desservis. Le ministère du Commerce avait notamment insisté sur la certification, le conditionnement et la nécessité de renforcer la présence du produit algérien sur les marchés à forte valeur ajoutée. L’État soutient par ailleurs les exportateurs de dattes à travers le Fonds spécial pour la promotion des exportations, qui prend notamment en charge une partie importante des frais de transport international.
