L’Algérie veut donner une place plus structurée à ses scientifiques établis à l’étranger. Une première étape vient d’être franchie avec le lancement effectif des travaux du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, une instance qui réunit pour l’heure 30 scientifiques algériens, auxquels s’ajoutent des représentants de ministères et plusieurs entrepreneurs.
Créé à l’initiative du président de la République Abdelmadjid Tebboune et officialisé début septembre, ce Haut Conseil a tenu sa première réunion d’orientation à Alger. L’objectif affiché est de mobiliser l’expertise de chercheurs algériens installés à l’étranger pour accompagner certains des projets jugés prioritaires pour le développement du pays.
L’idée n’est donc pas simplement d’organiser des rencontres ponctuelles avec des compétences de la diaspora. Le nouveau dispositif veut aller plus loin, en créant un cadre permanent capable de mettre en relation les besoins des institutions algériennes avec des experts travaillant dans différents domaines scientifiques et technologiques.
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Le Pr Elias Zerhouni, coordinateur de l’instance consultative, a indiqué qu’une feuille de route avait déjà été adoptée. Celle-ci doit permettre au Conseil de fonctionner de manière souple et de concentrer ses efforts sur les besoins identifiés comme prioritaires par l’État.
Six secteurs appelés à travailler avec les scientifiques
Une rencontre est notamment prévue avec les représentants de six secteurs ministériels : la Défense nationale, les Affaires étrangères, les Finances, l’Enseignement supérieur, la Santé et l’Économie de la connaissance.
« Nous faisons ça pour l’amour du pays. » 🇩🇿🌍❤️
Le professeur Elias Zerhouni, coordinateur du Conseil supérieur de la communauté scientifique nationale à l’étranger, créé récemment à l’initiative du président de la République Abdelmadjid Tebboune, souligne l’engagement bénévole des membres du Conseil au service de l’Algérie.
La première réunion du Conseil s’est tenue ce dimanche 27 septembre 2026 à Alger.
Le Conseil rassemble notamment des scientifiques et chercheurs de renommée internationale, parmi lesquels Elias Zerhouni, Noureddine Melikechi, Belkacem Haba et Yasmine Belkaid, ainsi que d’autres compétences algériennes établies à travers le monde.
L’objectif : mettre leur expertise, leur expérience et leurs réseaux au service du développement de l’Algérie.
— LeLien (@LeLienofficiel) September 27, 2026
Cette réunion doit servir à définir un premier programme de travail et surtout à préciser les besoins de chaque secteur en matière d’expertise scientifique. L’ambition est d’éviter une approche trop générale et de faire intervenir les chercheurs sur des problématiques concrètes.
Parmi les domaines cités figurent les technologies avancées, la sécurité alimentaire, l’énergie, la santé, la gestion de l’eau, la cybersécurité ou encore le transfert de technologies.
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L’intelligence artificielle devrait également occuper une place importante dans les travaux du Conseil. Les responsables insistent toutefois sur la nécessité d’adapter les solutions technologiques au contexte algérien plutôt que de reproduire mécaniquement des modèles développés ailleurs.
Passer de collaborations ponctuelles à un véritable réseau
Le projet pourrait surtout changer d’échelle. Les 30 scientifiques mobilisés aujourd’hui ne constituent qu’un premier noyau. Le Conseil souhaite progressivement élargir son réseau aux milliers de chercheurs et experts algériens installés en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et dans d’autres régions du monde. Chaque membre actuel devrait ainsi contribuer à identifier et à rapprocher d’autres compétences susceptibles de participer aux travaux.
Pour le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, l’enjeu consiste notamment à faire évoluer la relation entre l’Algérie et ses chercheurs de la diaspora. Jusqu’ici, les collaborations pouvaient souvent dépendre d’initiatives individuelles ou de projets limités dans le temps. Le nouveau Conseil doit permettre de les inscrire dans un cadre plus institutionnel et plus régulier.
Une veille technologique pour les grands projets
Autre mission annoncée : la création d’un dispositif de veille technologique. Le principe est de mettre à disposition des décideurs une base de connaissances scientifiques et techniques permettant d’évaluer les technologies disponibles avant le lancement ou la poursuite de grands projets.
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Le Conseil veut ainsi rassembler de la documentation, des analyses et des retours d’expérience internationaux afin d’éviter certaines erreurs déjà observées dans d’autres pays. Cette approche pourrait notamment être utilisée dans les domaines de l’intelligence artificielle, de l’énergie, de la chimie, de la transformation industrielle ou encore de la sécurité alimentaire.
Le Pr Azzedine Bousseksou, chercheur notamment passé par le CNRS en France, a également mis l’accent sur les possibilités existant déjà en Algérie. Selon lui, l’enjeu ne consiste pas uniquement à importer des technologies ou des compétences, mais aussi à mieux valoriser les capacités locales et à améliorer les procédés de transformation des matières premières disponibles dans le pays.
