Suisse : près de 2 000 Algériens condamnés en 2025, que disent réellement les statistiques ?

Les chiffres suisses sur les condamnations pénales ont relancé le débat autour de la nationalité des personnes condamnées. En 2025, près de 2 000 ressortissants algériens ont fait l’objet d’une condamnation en Suisse pour une infraction relevant du Code pénal. 

La source première est l’Office fédéral de la statistique suisse (OFS), qui publie chaque année les condamnations pénales selon plusieurs critères, dont la nationalité, le statut de séjour, l’âge et le sexe. Ces données proviennent du casier judiciaire central VOSTRA, géré par l’Office fédéral de la justice.

Près de 2 000 condamnations d’Algériens en 2025

Selon les données reprises dans la presse à partir des statistiques officielles, 1 964 ressortissants algériens adultes auraient été condamnés en 2025 pour une infraction au Code pénal suisse. Ce chiffre ne signifie toutefois pas que près de 2 000 Algériens résidant durablement en Suisse ont été condamnés. La distinction est importante : seule une petite partie des personnes concernées appartient à la population résidente permanente.

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C’est précisément l’un des points essentiels pour comprendre les statistiques suisses. L’OFS distingue les résidents permanents, les personnes relevant de l’asile et les autres étrangers, notamment ceux qui ne disposent pas d’une résidence durable dans le pays. Cette différence peut fortement modifier la lecture des données.

Pourquoi comparer les nationalités est délicat

L’OFS lui-même appelle à la prudence lorsqu’il publie des statistiques par nationalité. Dans une note méthodologique consacrée au sujet, l’organisme explique que les différences observées ne peuvent pas être attribuées à la nationalité elle-même. Le niveau socio-économique, le parcours migratoire, l’âge, le sexe ou encore les possibilités d’intégration peuvent influencer les taux observés.

Autrement dit, les statistiques sont descriptives : elles indiquent combien de personnes ont été condamnées, mais elles ne permettent pas d’expliquer pourquoi un groupe apparaît davantage qu’un autre dans certaines catégories.

L’OFS précise également que des taux réellement comparables ne peuvent être calculés que pour la population résidente permanente, car il faut connaître précisément la taille de la population de référence.

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Les Algériens ne constituent pas la majorité des condamnés

Un autre point souvent oublié concerne les chiffres bruts. Les ressortissants suisses restent largement représentés dans les condamnations en valeur absolue. Comparer uniquement les nombres de condamnations entre nationalités peut donc conduire à des raccourcis si l’on ne tient pas compte de la taille des différentes populations.

Les données policières suisses montrent d’ailleurs depuis plusieurs années que les profils des personnes impliquées varient fortement selon leur statut de séjour. Pour l’Algérie, une part importante des personnes enregistrées dans certaines statistiques appartient à la population relevant de l’asile ou à la catégorie des « autres étrangers », et non aux résidents permanents.

Des données 2025 encore susceptibles d’évoluer

Dernière précaution : les statistiques les plus récentes ne sont pas nécessairement définitives. L’OFS explique qu’une condamnation n’est inscrite dans les statistiques qu’une fois le jugement entré en force. Certaines procédures pouvant durer plusieurs mois, voire davantage, les données des deux dernières années sont régulièrement mises à jour.

Le chiffre concernant les Algériens en 2025 doit donc être lu comme une photographie statistique, et non comme un classement définitif des nationalités selon leur supposée « criminalité ». Ainsi, les chiffres existent, mais leur interprétation exige de distinguer nationalité, statut de séjour et population réellement résidente avant toute comparaison.

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