Les chiffres publiés par la Commission européenne pour 2025 montrent un écart marqué entre l’Algérie et ses voisins maghrébins. Selon les données officielles, le taux de refus des visas Schengen atteint 31,3 % en Algérie, contre 19,2 % au Maroc et 19,6 % en Tunisie.
Ces statistiques soulèvent une question importante : pourquoi les demandes déposées depuis l’Algérie sont-elles plus souvent rejetées ? Les données permettent de comparer les taux de refus, les pratiques des consulats et les motifs prévus par la réglementation européenne. Elles ne suffisent pas, à elles seules, à établir une cause unique à cet écart.
Des taux de refus nettement plus élevés pour les Algériens
En 2025, les consulats des pays de l’espace Schengen ont enregistré 444 577 demandes de visa de court séjour en Algérie. Ils ont délivré 302 181 visas et prononcé 137 860 refus, selon les chiffres cités dans l’article.
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Au Maroc, le volume des demandes était supérieur, avec 619 827 dossiers déposés. Les consulats ont accordé 480 354 visas et refusé 114 320 demandes. La Tunisie affiche un taux de refus de 19,6 %, pour 188 579 demandes.
L’écart est donc significatif. L’Algérie enregistre un taux de refus supérieur de 12,1 points à celui du Maroc. À l’échelle européenne, le taux global de refus des visas de court séjour s’établissait à 14,6 % en 2025, contre 14,8 % en 2024. Ces données portent sur les décisions rendues par les consulats et non simplement sur le nombre total de demandes déposées.
La France concentre une grande partie des demandes algériennes
La répartition des demandes joue un rôle important dans la lecture des chiffres. La France et l’Espagne concentrent à elles seules 83 % des demandes déposées en Algérie. La France reste la destination la plus sollicitée. En 2025, ses consulats en Algérie ont reçu 248 681 demandes, délivré 182 440 visas et refusé 72 740 dossiers, soit un taux de refus de 28,5 %.
Au Maroc, le taux de refus des visas français s’établit à 10 %, contre 15,4 % en Tunisie. L’écart entre l’Algérie et le Maroc est donc particulièrement marqué pour les demandes adressées aux autorités françaises. Les différences existent aussi entre les consulats français implantés en Algérie. À Alger, le taux de refus atteignait 24,6 % en 2025. Il montait à 28,3 % à Annaba et à 38,5 % à Oran.
Quels motifs peuvent expliquer un refus de visa Schengen ?
La réglementation européenne prévoit neuf motifs de refus, notamment lorsque le demandeur ne justifie pas suffisamment l’objet de son séjour, ses ressources financières ou les conditions de son retour.
Un dossier peut également être rejeté si les informations fournies ne sont pas jugées fiables, si l’assurance médicale est insuffisante ou si les autorités estiment que le demandeur n’a pas démontré son intention de quitter l’espace Schengen avant l’expiration du visa.
Les statistiques publiées par la Commission européenne ne détaillent pas les refus selon ces différents motifs. Il est donc impossible d’affirmer, sur la base de ces seules données, que les refus en Algérie s’expliquent principalement par les ressources financières, les justificatifs de retour ou une autre raison particulière.
