Le FFS participera aux élections législatives.
Le FFS participera aux élections législatives.

La crise que vit le Front des forces socialistes (FFS) depuis un moment n’est pas le fruit d’un simple bras de fer entre deux entités qui se disputent la paternité sur le parti. Les détails qu’Observ’Algerie a pu recueillir auprès de responsables de cette formation sont éloquents.

Ainsi, notre source détaille la genèse du conflit et souligne qu’il a commencé lorsque le clan d’Ali Laskri, Aziz Bahloul et Salima Ghezali ont désigné Chafaâ Bouaiche comme chef du groupe parlementaire du parti, contre la volonté des militants et des autres députés. Rachid Hallet avait dénoncé cette nomination. C’était, donc, le prélude pour ce clan de s’en prendre aux autres responsables à commencer par Mohand Amokrane Cherifi. Rachid Hallet s’est encore une fois illustré en défendant son collègue de l’instance présidentielle. Notre source a précisé que c’était à partir de ces événements que le conflit s’est éclaté, ajoutant que le fait que Karim Bahloul s’était employé à assister, de force, aux réunions du présidium a fait en sorte que le fossé s’agrandi entre les deux entités. Les trublions du FFS ont même imposé Salima Ghezali comme conseillère au présidium contre la volonté de certains membres qui étaient dans l’obligation d’accepter, malgré le fait que Salima Ghezali n’a pris sa carte de militant que très récemment. Elle s’est imposée de fait comme membre permanent au sein de l’instance présidentielle, et ce malgré les contestations répétées, notamment de Rachid Hallet.

Pour contrer la résistance de Hallet, ils ont même tenté de la nommer « conseillère du parti », un poste farfelu inexistant de par le monde. Il faut noter que Saïda Ichalamène était isolée au sein de l’instance, parce qu’elle avait refusé la candidature de Rachid Chabati au poste de fédéral de Béjaia et qu’elle a de tout temps apporté son soutien aux adversaires du clan de Laskri-Bahloul. Pour Mme Ichalamène, Rachid Chabati « n’était pas apprécié dans la wilaya pour prendre la tête du parti du fait qu’il était élu, à deux reprises, P/APC de Béjaia».

Selon notre source, ce sont toutes ces « manigances » qui ont fait qu’aujourd’hui Rachid Hallet est dans le collimateur de ce clan qui veut son exclusion pour s’assurer une mainmise complète sur les instances du parti.

Les choses se sont, par ailleurs, accélérées lors de la désignation du premier secrétaire du parti.

Le premier secrétaire échappe au clan

La désignation d’Abdelmalek Bouchafa n’étant pas du goût de ce clan, du fait que le nouveau premier-secrétaire se refusait à toute interférence du clan dans ses prérogatives, notamment en ce qui concerne la ligne politique. Le même clan s’est opposé farouchement à la composante du secrétariat tel que proposé par Bouchafa. Il aura fallu de rudes négociations pour aboutir à un compromis.

Fort du soutien de la base, Abdelmalek Bouchafa s’est appuyé sur ces militants dans la perspective de donner une assise plus large au parti en dehors de la Kabylie, ce que les Laskri-Bahloul refusaient de peur de voir le parti leur échappé. Le même clan, affirme notre source, a tenté des embûches à toutes les activités du parti, y compris pour les universités d’été, afin de saborder le secrétariat national.

A cela s’ajoute l’affaire du sénateur Moussa Tamadartaza et du député Rachid Chabati, dont le premier s’était rendu avec le président du Sénat à l’Elysée et le second au siège de l’Otan sans l’aval du parti. « C’était un message pour dire qu’ils sont proches du régime et faire peur aux militants », explique notre source. Il faut aussi noter que le chef du groupe parlementaire, Chafaâ Bouaiche en l’occurrence, avait appelé à une réunion des élus mais pour autant pouvoir la tenir. Les députés contestent son autorité.

Conseil national et commission de médiation

Les atermoiements pour tenir le conseil national sont motivés par la peur du clan Laskri-Bahloul de voir le rapport de force basculé en leur défaveur. Ainsi, Ali Laskri a juré de ne pas tenir cette rencontre avant d’éliminer Hallet et ensuite Bouchafa. Prévu début septembre, le conseil national n’a pas pu se tenir.

Il est programmé, enfin, pour les 9 et 10 du mois en cours, mais avec tous les risques de voir le parti implosé. Mohand Amokrane Cherifi a avoué que Les Laskri-Bahloul auraient fait de fortes pression et parfois du chantage (ils le menacent de divulguer ses accointances avec le pouvoir) sur lui pour prendre leur défense. Au bout de la troisième réunion de la commission de médiation, cette instance a décidé de convoquer les membres du présidium pour l’y informer qu’elle n’est pas habilitée à statuer sur la demande de sanction d’un membre du présidium (Rachid Hallet) introduite par d’autres membres de la même instance, Ali Laskri et Aziz Bahloul en l’occurrence, et que les griefs énoncés datent de plus d’un mois, le délai légal.

Voyant leur demande de sanction refusée, Laskri et Bahloul décident, alors de convoquer Medjakane Laïfa, président de la commission de médiation et de règlement des conflits pour lui intimer l’ordre d’exécuter leur demande. C’est à partir de là que ladite commission a convoqué Rachid Hallet pour lui signifier les griefs retenus contre lui par Ali Laskri et Aziz Bahloul.

En attendant la tenue de cette rencontre, souveraine entre les deux congrès, les choses s’accélèrent au FFS. Un appel pour l’occupation du siège national est lancé et que les militants qui dénoncent « ces pratiques » promettent une réplique dans les tous prochains jours.

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