L’Algérie traverse une crise économique aiguë. L’année 2019 a été très difficile pour le pays qui a stagné sur tous les plans, notamment celui de la croissance. Le gouvernement a été incapable d’apporter des solutions adéquates à cette crise multidimensionnelle, tous ses plans n’ayant servi qu’à aggraver la situation.

En effet, les organismes et associations des multiples secteurs d’activités se plaignent de la mauvaise gestion de la crise. Leurs signaux d’alarmes sont partagés par l’Office national des statistiques (ONS), ainsi que des institutions financières internationales. Ces dernières s’inquiètent sur l’installation de la crise dans la durée, faute d'un plan de relance économique réaliste et audacieux.

Dépense publique et investissement

Pendant que la dépense publique est en net recul et l’investissement dans les équipements plombé, les dépenses de fonctionnement continuent de battre des records. Cette situation a un effet dévastateur sur les entreprises qui vivent des projets réalisés par l’État. Elle a sérieusement influé sur le secteur du bâtiment, principal pourvoyeur de main d’œuvre et les secteurs qui en dépendent. Cette politique a eu aussi comme résultat la fermeture de plusieurs milliers d’entreprises et la perte de plus d’un million de postes d’emploi.

Secteur privé en crise

Considéré comme un très grand apport à l’économie nationale, le secteur privé a vécu une des années les plus sombres de son histoire. En effet, suite à la campagne de lutte contre la corruption déclenchée par les décideurs, ce secteur a beaucoup perdu de sa vivacité. Il a aussi été victime du gel des prêts bancaires et de la complication des démarches pour l’importation des produits nécessaires à la production. Ainsi, la situation politique du pays a très fortement impacté ce secteur notamment avec le recul des grands groupes économiques impliqués dans des affaires de corruption.

Chute du taux de croissance

Comme prévu, la croissance économique en Algérie a connu une chute significative. Elle a eu comme effet la montée de l’inflation et la chute du pouvoir d’achat. Ce manque de confiance dans l’économie nationale a aussi plombé la consommation installant ainsi le pays dans un cercle vicieux.  Ainsi, beaucoup de professionnels signalaient au cours des derniers mois une baisse sensible de la demande. Même des secteurs comme l’agroalimentaire semblent désormais touchés. Ce constat a été confirmé par l’ONS qui l'a annoncé dans ses deux derniers rapports trimestriels. Ces derniers ont annoncé un fort ralentissement de la croissance dont le taux n'a atteint globalement que 0,8 % au premier semestre 2019.

Les fausses solutions du gouvernement

Devant ce désastre économique lié aussi à une crise politique et une crise de gouvernance inquiétantes, toutes les solutions apportées par le gouvernement se sont avéré inadaptées. En effet, le gouvernement n’a fait que ralentir la croissance en réduisant le budget d’équipement de l’Etat de 28%. Cette mesure a fait plonger les entreprises dans de graves crises financières poussant ces dernières à licencier leurs employés. A cette première mesure s’ajoute celle du ministre des Finances qui a décidé la « rationalisation des importations des biens, à travers leur limitation aux besoins réels du marché national, en attendant la généralisation de cette approche aux services ». Cette mesure a freiné les usines de montage de voitures ainsi que celles de l’électroménager causant ainsi une autre saignée de main d’œuvre.

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