Après une année 2019 très pénible pour l’économie nationale, l’année 2020 s’annonce aussi difficile notamment pour les ménages. En effet, les prix vont considérablement augmenter pour beaucoup de produits à cause de nouvelles taxes décidées dans la loi de finances. Quant à la croissance, les prévisions ne sont guère réjouissantes. Elle ne sera pas au rendez-vous pour la nouvelle année.

Les fumeurs seront les premiers touchés par les augmentations des prix. Les cigarettes se vendront beaucoup plus chères cette année en raison de l’augmentation de la taxe sur les produits tabagiques. Les produits électroménagers verront aussi leurs prix flamber à cause de l’élévation du barème de la taxe d’efficacité énergétique. Quand aux billets d’avion, ils seront impactés par l’augmentation de la taxe sur les titres de transport internationaux. Ils seront nettement plus chers en 2020.

Les secteurs touchés par les augmentations

Par ailleurs, les prix de l’automobile seront les plus touchés par l’augmentation. En effet, pas moins de trois nouvelles taxes et augmentation des taxes existantes sont ainsi prévues en 2020. Les automobilistes devront s’acquitter notamment de la nouvelle taxe sur les véhicules roulants qui est de 1500 dinars pour les véhicules de tourisme et de 3000 dinars pour les autres véhicules et engins roulants. Ces taxes devront être payées au moment de la souscription de la police d’assurance.

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Le chômage en hausse

Après une année de licenciement à cause de la stagnation de nombreux secteurs économiques notamment le bâtiment, les chiffres du chômage sont appelés à augmenter. L’emploi va subir de plein fouet les effets d’une économie qui tourne au ralenti sans véritables perspectives de croissance. Ces prévisions sont partagées par les institutions financières internationales. Ces dernières annoncent une aggravation sensible du chômage au cours des prochains mois au moment où des centaines de milliers de jeunes, diplômés ou non, se présentent sur le marché du travail. Ainsi, le FMI annonce néanmoins une forte augmentation du taux de chômage qui devrait passer à 12,5% en 2019 et à 13,3% en 2020.

Détérioration du climat des affaires

Cette situation ne risque pas de s’améliorer vu le climat des affaires qui s’est détérioré en 2019. Le président Abdelmadjid Tebboune aura du pain sur la planche. Ce climat devra prendre du temps pour changer et se redynamiser malgré le nouveau dispositif législatif introduit dans la loi de finances pour encourager l’investissement étranger. L’Algérie aura beaucoup de mal à produire rapidement des effets en matière d’attraction des investissements étrangers et de relance de la production et des exportations d’hydrocarbures avec la crise politique qui la secoue.

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Les chiffres inquiétants de la croissance économique

Le taux de croissance de l’économie algérienne restera très faible pour la nouvelle année. Les chiffres présentés par le dernier gouvernement sont très peu ambitieux. Il prévoit un taux de 1,8% pour 2020 ce qui constitue en soi un objectif assez modeste et inférieur au taux de croissance de la population.

Ce chiffre est au-delà des prévisions des institutions internationales. Ainsi, la Banque Mondiale annonce une croissance limitée à 1,5% pour l’année prochaine. La société d’assurance-crédit Euler Hermes est encore plus pessimiste et table sur une croissance annuelle de +0,5% seulement en 2020. Ce taux de croissance conjugué à l’affaissement des rentes des exportations des hydrocarbures ainsi que la fonte des réserves de change sont autant de facteurs qui révèlent les difficultés auxquelles il faut s’attendre en 2020.

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