L’enquête préliminaire sur les affaires de corruption dont est accusé l’homme d’affaires Ali Haddad révèle le détournement de sommes faramineuses qui dépassent tout entendement. En effet, selon le quotidien El Watan, l’homme d’affaires a bénéficié de 124 marchés publics d’un montant de 78 410 milliards de centimes.

Ainsi, le patron du groupe ETRHB a bénéficié de 99 marchés dans le secteur des travaux publics, une enveloppe de 56 430 milliards de centimes. Il a également eu 23 marchés dans l'hydraulique pour 21 719 milliards de centimes ainsi que deux marchés dans le secteur de l’énergie et des mines pour plus de 261 milliards de centimes. Les enquêteurs ont révélé que Ali Haddad a bénéficié de tous ces marchés grâce à l’aide précieuse de Saïd Bouteflika, le frère et conseiller de l’ex-président de la République.

Des crédits de 211 000 milliards de centimes

Cette enquête révèle aussi que Ali Haddad a bénéficié d’une ligne de crédit qui donne le vertige. En effet, l’homme d’affaires a reçu 452 crédits d’un montant de 211 000 milliards de centimes, dont 167 000 milliards de centimes, soit 83%, ont été accordés par des banques publiques, à leur tête le Crédit populaire d’Algérie (CPA). Cette dernière a accordé 73 000 milliards de centimes, soit 43% des montants prêtés.

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Les enquêteurs ont conclu que ces facilités dans l’obtention de crédit ont permis à Ali Haddad de construire une fortune colossale à l’étranger. Cet argent obtenu par le biais des banques a permis à l’homme d’affaires d’acquérir l’hôtel Palace à Barcelone (Espagne), pour un montant de 55 millions d’euros. Cette opération a été rendue possible grâce aux sociétés écrans que Ali Haddad a créées à l’étranger.

Arrangements pour augmenter les frais des projets

L’enquête préliminaire révèle aussi que Ali Haddad a obtenu des prolongations de délais pour ses projets avec des avenants qui dépassent les 50 % des coûts initiaux. C’est le cas des travaux d’aménagement des gorges de Kherrata ayant vu le coût initial de 3 526 333 646 dinars et 89 350 880 euros augmenter de 59 % pour les coûts en dinar et de 99,6% pour ceux en euro. Le projet a connu également une prolongation de délais de 14 mois. Quant au marché de réalisation de la ligne de tramway Alger-Est, il a connu 19 avenants avec une hausse de 88% du montant initial.

La complicité d’Ouyahia et Amar Ghoul et plusieurs responsables politiques

L’enquête révèle que pour arriver à obtenir autant de projets et à bénéficier de toutes les facilités, Ali Haddad s’est appuyé sur de hauts responsables de l’Etat. En plus de l’aide du frère de l’ex-président, l’homme d’affaires a été appuyé notamment par l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, ainsi que l’ancien ministre des travaux publics Amar Ghoul qui sont tous les deux incarcérés à la prison d’El Harrach.

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Outre ces deux hauts responsables, une trentaine de cadres, notamment  des walis, des ministres, des cadres des administrations des travaux publics, des mines, de l’hydraulique, de l’industrie et de l’agriculture font partie de la toile d’araignée tissée par l’homme d’affaires pour dilapider les biens publics.

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