Le procès en appel de Said Bouteflika, Louisa Hannoune et des généraux Mohamed Mediène dit Toufik et Athmane Tartag dit Bachir, s'est tenu, hier dimanche. Le tribunal militaire de Blida a plaidé aujourd'hui, 10 février, pour l'aggravation des peines. Le procureur militaire a requis 20 ans de prison ferme contre les prévenus. Respectivement, le frère et conseiller spécial de Abdelaziz Bouteflika, la secrétaire générale du parti des travailleurs et les deux ex-patrons des services secrets algériens.

Le général Toufik qualifie Saïd Bouteflika du représentant du pouvoir réel

L'ancien homme fort du régime algérien, le général Ahmed Mediène dit Toufik, ex-patron du DRS dissous, explique aux juges avoir accepté l'invitation à la réunion comme un ex-haut responsable sollicité par le conseiller du président de la République. Il qualifie Saïd Bouteflika de représentant de l’État et même son incarnation. Pour le général Toufik, le frère de Abdelaziz Bouteflika représentait le pouvoir réel de l’État : « Comment pourrais-je alors comploter contre l'Etat ? », s'est-il exclamé.

Affaibli suite à son intervention chirurgicale à l’hôpital militaire de Ain Naadja, le général Toufik a contesté la compétence du tribunal militaire, via ses avocats. Ces derniers ont rappelé aux juges que l'affaire est de droit civil vu qu'aucun des prévenus ni militaire en fonction.

Said Bouteflika change de stratégie et parle aux juges

Le frère cadet et conseiller spécial du président déchu, initiateur de la réunion qualifiée par la justice militaire de complot contre l'armée et l'autorité de l’État, Said Bouteflika a changé de stratégie. Il a parlé aux juges tout en niant avoir voulu limoger le défunt chef d’État Major et vice ministre de la Défense, Ahmed Gaid Salah.

Said Bouteflika a même nié la volonté de son frère aîné de briguer un cinquième mandat. Des déclarations qui laissent place à plusieurs interrogations sur la version que veut l'accusé développer. Il a également nié l'existence même du présumé décret du limogeage de Ahmed Gaid Salah, en qualifiant la réunion du 27 mars 2019, de réunion d'échange d'idées avec des personnalités politiques et sécuritaires.

Louisa Hannoune rappelle son statut de politique

Louisa Hannoune a de son côté plaidé la rupture. Elle a rappelé aux juges militaires de Blida, qu'elle est secrétaire générale d'un parti politique. Et que sa participation à la réunion incriminée rentre dans son rôle de responsable politique, notamment en pleine crise politique que traversait l'Algérie.

Par ailleurs, elle a également nié toute volonté d'atteinte à l'armée algérienne ou à son chef d’État Major. Elle a expliqué aux juges avoir répondu à l'invitation du conseiller du président pour une réunion politique dans un lieu public. De son côté , le général Athmane Tertag dit Bachir était absent et a refusé de quitter sa cellule.

La justice militaire a requis l'aggravation des peines

Condamnés le mois de septembre 2019 en première instance à 15 ans de prison ferme pour « complot contre l'armée et l'autorité de l’État », les prévenus risquent une aggravation de leurs peines. En effet, la justice militaire a requis aujourd'hui, 10 février, 20 ans de prison ferme pour chacun, a-t-on appris.

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