Le chef de l'Etat Abdelmadjid Tebboune déclare la guerre aux auteurs de surfacturation à l'importation. Cela, en interdisant l'importation de matière première disponible en Algérie. C'est ce qu'il a déclaré lors de sa rencontre avec le gouvernement et les walis, tenue samedi 15 février.

C'est dans cette optique qu'il a appelé les fabricants des boissons non alcoolisées à privilégier la matière première disponible en Algérie. « Il est interdit d'importer de la matière première quand elle est disponible en Algérie », a fait savoir Abdelmadjid Tebboune.

Dans le même ordre d'idées, il a déploré que de nombreuses sociétés de production de jus et de boissons gazeuses privilégient l'importation des pays voisins, des matières premières pour la fabrication de leurs produits, comme le jus d'orange, et abandonnent la matière première nationale.

Pourquoi ce soudain intérêt de Abdelmadjid Tebboune aux producteurs de boissons non alcoolisées ? Il donnera la réponse à cette question juste après. Il pense que cette tendance à privilégier l'importation au détriment de la production nationale cache une arrière-pensée relative à la surfacturation qui est devenue insupportables pour l'économie nationale.

« Nous n'allons pas arrêter l'importation, mais la production nationale est une priorité absolue », a estimé le chef de l'Etat. C'est qu'il y a une abondance de la production agricole qui est devenue un problème en l'absence de l'industrie de transformation.

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La fuite des capitaux ne sera pas une mission facile

Il faut dire que cette guerre contre la surfacturation et la fuite des capitaux ne sera pas une mission facile pour Abdelmadjid Tebboune et son gouvernement. Cela, dans le cas où sa volonté de lutter contre ce fléau est sincère. D'autant plus que sa politique fait l'objet de parasitages puissants qui freinent son action.

L'on se rappelle bien de la nomination le 3 février d'un nouveau Directeur général des douanes algériennes. Annoncée par l'agence officielle l'APS, la nomination de Hakim Berdjoudj comme nouveau patron des douanes en remplacement de Mohamed Ouaret, a été annulée quelques heures plus tard, à travers une autre dépêche de la même agence de presse.

Le cafouillage était flagrant au sommet de l'Etat. Un cafouillage qui donnait l'impression que le président Tebboune n'avait pas la totalité des pouvoirs pour mener à bien sa politique. C'est suffisant pour douter de la capacité du chef de l'Etat à lutter efficacement contre fléau de la fuite des capitaux et de la surfacturation.