L'ex-ministre de la Jeunesse et des Sports et ancien wali de Sidi Bel Abbes Mohamed Hattab a été placé avant-hier sous contrôle judiciaire, après avoir été auditionné par le conseiller instructeur près la Cour suprême d'Alger. Le mis en cause est poursuivi pour plusieurs délits, a indiqué un communiqué du procureur général près la même Cour.

« Dans le cadre de l’instruction ouverte au niveau de la Cour suprême, le Conseiller instructeur a auditionné, jeudi 20 février 2020, M. Hattab Mohamed, ex-wali de Sidi Bel Abbes, accusé de plusieurs délits, dont l’octroi d’indus avantages en violation des dispositions législatives et réglementaires, dilapidation volontaire de deniers publics, abus de fonction et conflit d’intérêts », a fait savoir le communiqué, affirmant que le Conseiller instructeur a ordonné « le placement de l’accusé sous contrôle judiciaire avec retrait de ses passeports et obligation d’émargement une fois par mois devant lui ».

Mohamed Hattab fut aussi wali de Béjaïa de 2016 à 2018 avant d'être nommé, par le président de la République déchu, Abdelaziz Bouteflika, ministre de la Jeunesse et des Sports. Poste qu'il occupera jusqu'au mois d'avril 2019. Avant Béjaïa, l'ex-ministre était à la tête de la wilaya de Sidi Bel Abbès, de 2013 à 2016, période à laquelle remontent les délits pour lesquels il est poursuivi.

A rappeler que Hattab n'est pas le premier responsable sous le règne de l'ex-Président à avoir des démêlés avec la justice. Beaucoup de hauts responsables de "l'ancien système" ont été écroués, avec de lourdes peines pour certains. Et tout porte à croire que la justice algérienne ne va pas s'arrêter là, comme l'a laissé entendre le président de la République dans son entretien accordé au journal français Le Figaro : "La tête de la mafia a été coupée mais pas le corps. De l'argent sale circule encore. Chaque jour, de nouveaux responsables, des pseudos hommes d'affaires se retrouvent devant la justice", avait-il déclaré.