L’inquiétude s'installe chez la communauté algérienne installée en Europe, en France plus particulièrement, après l'apparition de l'épidémie de coronavirus en Italie.

« On en parle effectivement ici. Certains ont annulé leurs déplacements. Le trafic routier a diminué vers ce pays. On ne peut certes pas parler de panique, encore moins de psychose, mais l’inquiétude est bien là », a déclaré Abdenour, résidant à Paris et travaillant en Haute-Savoie, une région frontalière avec l'Italie.

« Il y a une petite crainte », reconnaît aussi Sabrina, habitant en Haute-Savoie. « Un réel climat de peur s'est installé ici depuis l'apparition de ce virus en Italie. On en parle souvent dans les cafés, au travail... Force est de constater aussi que cette épidémie a induit un certain racisme vis-à-vis de la communauté asiatique. Les gens évitent les Asiatiques dans la rue, ils les regardent de travers, craignant d’être contaminés. Pour parer au risque de contamination, la France a commandé plusieurs millions de masques sanitaires. Les Algériens de France pensent même au stockage de nourriture en cas d'alerte rouge. Sinon, on fait très attention quand on sert la main, dans les transports et partout dans les lieux publics. La prévention est de mise », assure-t-elle.

« C'est la psychose chez tous les citoyens »

Mouloud, natif de Tizi Ouzou, et installé depuis quelques années dans la capitale française, parle carrément de psychose. « Ici, comme partout ailleurs, c'est la psychose chez tous les citoyens à cause de cette épidémie qui vient de toucher l'Italie. Les gens se bousculent devant les pharmacies pour l'acquisition de moyens de prévention. Les hôpitaux sont submergés de monde. A la moindre fièvre, on s'y rend », raconte-t-il.  « La France est un pays touristique, on y vient de partout et la proximité avec l'Italie nous rend un peu plus inquiets. Pour l'instant, on se protège comme on peut, en évitant notamment les contacts et les déplacements inutiles, surtout dans les lieux touristiques », confie-t-il.

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Résidente loin des frontières italiennes, Sara, elle, est moins méfiante, étant convaincue que ce sont les médias qui s'alarment outre mesure et provoquent, partant, la panique parmi les populations  : « Sincèrement, pour le moment, on n'est pas paniqués, on se dit que ce sont les réseaux sociaux qui dramatisent et amplifient les choses », assure-t-elle.

Notons que jusqu'à la journée d'hier lundi 24 février, le coronavirus a fait six morts en Italie et 229 cas de contamination ont été enregistrés. À travers le monde, on fait état de 2 619 décès et de 79 360 cas atteints. L'OMS a évoqué ce lundi 24 février un risque de pandémie.