Décrocher un visa d’études en France pour un étudiant algérien est un projet de vie pour ne pas dire un rêve. En dépit de la cherté des démarches et tous les aléas administratifs, beaucoup réussissent à franchir le seuil des universités française, y compris la prestigieuse Sorbonne. 

Une fois en France, une partie des étudiantes et étudiants algériens découvrent la dureté du terrain. Si pour ceux qui ont des proches établis en France : un parent, un frère, une sœur ou un vrai ami, la situation est moins compliquée, ceux qui s’aventurent seuls dans ce pays sont heurtés à d’énormes difficultés. Les deux premières années sont souvent les plus compliquées, s'accorde-t-on à dire. « Une fois l’étape des deux années franchie, les choses commencent à se clarifier, et nos étudiants sortent alors la tête de l’eau », résume Rafik, un étudiant en journalisme à l’université de Nice. « Même les étudiants français galèrent, que dire alors de nous, les étrangers ?!

Des associations et Les Resto du cœur à la rescousse

D’ailleurs, la plupart essaient de s’inscrire dans des universités parisiennes, là où ils pensent avoir plus de chance de décrocher un travail. C'est aussi là où notre communauté est fortement présente », explique, pour sa part, Naïma, étudiante à La Sorbonne. Celle-ci confie avoir passé deux ans à Poitiers, dans le sud de la France. « Le plus dur au départ c’était de trouver un hébergement et un petit boulot. Une fois cet obstacle surmonté, l’étudiant quitte la zone dite dangereuse », raconte-t-elle.

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A Lille, où le taux de chômage est très élevé, les étudiants algériens et beaucoup d’autres ne trouvent planche de salut que chez les associations et parfois Les Restos du cœur. La solidarité entres étudiants peut aussi s'avérer salutaire. « Il faut résister les premiers temps, après la réussite viendra graduellement », assure Ahmed, un étudiant de droit à Lille. Il arrive souvent que les difficultés en découragent plus d'un. Des étudiants finissent par rentrer au bercail plus tôt que prévu, n'ayant pas pu résister à "la galère quotidienne". Ils abandonnent alors leurs études dans l'Hexagone pour retourner en Algérie.

Un aller sans retour

Il existe une dizaine d'associations qui se proposent de prendre en charge des étudiants algériens et de les accompagner dans leurs cursus universitaire en France. Cependant, elles sont souvent dépassées par le nombre des apprenants qui débarquent dans ce pays chaque année. Des milliers d'étudiants rejoignent l'autre côté de la mer en quête d'un avenir meilleur. Un avenir pour lequel se sacrifier vaut largement la peine, estiment-ils. " j'avoue que j'ai beaucoup galéré au départ, mais petit à petit, j'ai fini par m'adapter en prenant mes repères. Aujourd'hui, je ne regrette rien", dira Sara de Tizi Ouzou, partie vers "l'eldorado" parisien" en 2010. Aujourd'hui elle est mariée. C'est un aller sans retour pour elle, à l'instar de centaines d'autres étudiants.

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En quête d'une carte de séjour

De l'avis même des émigrés, les Algériens sont avantagés comparativement aux autres étrangers concernant la procédure de changement de statut. Il leur suffit de créer une entreprise pour obtenir une carte de séjour en France. Certes, les démarches ne sont pas faciles, mais elle aboutissent généralement. « J’ai déposé une demande de changement de statut en France. Dès ma deuxième année universitaire, elle m’a été refusée par la préfecture de Bobigny. Pis, j’ai reçu une obligation de quitter le territoire français », nous raconte Sofiane, un étudiant kabyle. « J’ai sollicité un avocat que j’ai payé 2 000 euros pour annuler l'OQTF en question au tribunal administratif. Au bout de six mois, j’ai eu gain de cause. Mieux, la justice a sommé la préfecture de me changer de statut et de me délivrer une carte du séjour en France, vu que j’ai créé une entreprise en bonne et en due forme. Mon avocat m’a informé que des accords entre l’Algérie et la France stipulent que les étudiants algériens ont le droit de rester en France à la fin de leurs études s'ils créent une entreprise". 

Une bonne partie des informaticiens gérant les métros de Paris et les RER sont des Algériens

Pour les chanceux ayant décroché un contrat de travail avec leur diplôme, c’est encore plus facile. Parmi ceux-ci, les informaticiens qui, faut-il le relever, sont très demandés en France, surtout ceux qui se sont spécialisés dans l’informatique industrielle. « Les métros de Paris et les RER sont gérés informatiquement par une bonne partie d'Algériens », confirme Hamid de Tizi Ouzou, lui aussi informaticien. « La France est une aventure dure, mais elle vaut le coût », résume-t-il.

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