Fatima Zahra Machlouf, ancienne cadre chargée d'enquêtes à l’aéroport d’Alger, a comparu dimanche 1er mars pour la deuxième fois devant le tribunal de Dar El Beïda (Alger). Elle est accusée d'avoir tenu des propos diffamatoires à l'endroit des responsables de la direction de l’aéroport Houari Boumediène.

La mise en cause a, pour rappel, partagé le 19 septembre 2019 une vidéo en direct sur les réseaux sociaux dans laquelle elle divulguait de "graves irrégularités" dans les enquêtes menées à l’aéroport international d'Alger. Elle révélait également faire l'objet de pressions et de menaces de licenciement de la part de ses responsables, pour la dissuader d'ébruiter les irrégularités constatées et rédigées dans un rapport transmis à sa supérieure hiérarchique. Cette dernière l'a invitée, selon elle, à fermer les yeux au risque de perdre son emploi.

Fatima Zahra Machlouf se plaignait aussi d'avoir été dépouillée arbitrairement de ses prérogatives et subi des dépassements, "dans le seul but de la faire taire". Elle s'en est remis, dans un ultime appel à l'aide, au ministre de la Justice, après avoir vainement interpellé le P-DG de l'aéroport et l'inspection du travail. Elle informe, en outre, s'être rendue aux services de la gendarmerie en vue de porter plainte pour "menaces et chantages". Une plainte qui n'a pas été reçue.

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Au lendemain de sa vidéo, qui a été largement commentée sur les réseaux sociaux et reprise par les chaînes de télévision privées, la direction de l’aéroport a procédé au limogeage de son employée et intenté une action judiciaire à son encontre pour "déclarations diffamatoires"

Après sa sortie publique accablante, Fatima-Zahra Machlouf a été condamnée en première instance à verser une amende de cinq millions de centimes. Un mois après un premier procès, elle a été présentée aujourd’hui devant le juge près le tribunal de Dar El Beïda.

Il y a lieu de noter, dans la foulée, que beaucoup de citoyens se sont solidarisés avec la jeune cadre, surtout après son licenciement "abusif"