Mustapha Bendjama, journaliste et rédacteur en chef du quotidien régional de Annaba "Le Provincial" est poursuivi en justice par deux chambres d’accusation du tribunal de la même ville pour « atteinte à la sûreté de l’Etat en vertu de l’article 96 du code pénal ». Ce n'est pas l'avis du ministre de la justice Belkacem Zeghmati qui dit qu'aucun journaliste n'est en prison en tant que tel.

La justice reproche au journaliste Mustapha Bendjama, qui sera entendu par le juge d'instruction au cours de la semaine prochaine, d'avoir mis en ligne des publications qui peuvent porter « atteinte à la sûreté de l'État ». Une publication qui valorise le rôle de l'armée, et une seconde qui critique une note des services de sécurité.
Rappelons que le journaliste Mustapha Bendjama a été relaxé le 2 janvier 2020 après avoir été poursuivi en décembre 2019 pour opposition au déroulement des élections présidentielles et incitation à attroupement non armé. A noter que le ministre de la Justice Belkacem Zeghmati a certifié, mardi 3 mars, lors d'une rencontre avec des syndicats de journalistes, qu'aucun journaliste algérien n'est détenu en raison de l'exercice de ses fonctions.
Belkacem Zeghmati, lors de cette rencontre avec les différents syndicats de journalistes, a affirmé que les établissements pénitenciers sur l'ensemble du territoire national du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest n'ont accueilli « aucun journaliste algérien pour des faits relatifs à son travail de journaliste » en expliquant par la même occasion que « le Code de l'information ne permet pas de poursuivre un journaliste pour les délits de presse » et qu'aucune loi ne peut le « priver de sa liberté » pour la même raison évoquée en haut.

Le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, poursuit son intervention en justifiant que le journaliste demeure un citoyen et s'il arrive à commettre un délit de « droit commun », il sera poursuivi « conformément à la loi »,  affirmant que les deux journalistes mis en détention provisoire ne sont pas poursuivis en raison de « leur travail de journaliste » mais en raison « d'un délit de droit commun ».

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Belkacem Zeghmati a insisté que les deux journalistes mis en détention provisoire sont poursuivis pour « des faits de droit commun » et que leur cas sera traité, selon lui, conformément au « Code pénal et non au Code de l'information » qui les protège dans l'exercice de leur fonction de journalistes. Le ministre a voulu rassurer les journalistes qui ne touchent plus leurs salaires, en raison de l'emprisonnement de leurs patrons respectifs, que les gérants de ces sociétés n'ont aucune mauvaise intention concernant ce sujet.

Pour rappel, les deux journalistes en question sont Sofiane Merakchi et Belkacem Djir, qui ont été mis en détention provisoire depuis plus de six mois à la prison d'El Harrach. Le Collectif des journalistes algériens unis (JAU) avait organisé plusieurs rassemblements en solidarité avec les deux journalistes et pour réclamer la fin des intimidations que subissent les professionnels du métier.

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