La situation financière de l'Algérie ne cesse de se dégrader ces dernières semaines. En effet, les déficits s’aggravent à cause de la chute des prix du pétrole due à la propagation du coronavirus. Ainsi, les espoirs d'une relance économique prochaine se voient réduits et la priorité devient celle de colmater les brèches.  

Cette situation, qui prend en otage tout un pays à cause de la dépendance aux rentes pétrolières, devient inquiétante. La menace de l’effondrement du marché est toujours présente malgré les espoirs suscités par la réunion, ce vendredi, des membres de l’OPEP pour réduire leur production. La baisse de la demande étant surtout liée à la stagnation de l’économie mondiale, la réduction des quotas ne pourra avoir d’effet que sur le court terme et ne pourra juguler la chute des prix qui s’installe dans la durée.

Ainsi, l’effet papillon du coronavirus se confirme. Il déstabilise l’économie mondiale et, par ricochet, l’économie algérienne, indépendante presque exclusivement aux hydrocarbures. Les recettes en devises diminuent sans que des solutions ne soient proposées par un gouvernement qui se restreint à de petites mesures populistes pour calmer les tensions sociales.

Ce manque à gagner, dû à la chute des prix du pétrole, met sérieusement la trésorerie du pays en danger. La crise financière s’annonce sévère et inexorable avec d’énormes déficits dans le budget de l’Etat, déjà en difficulté avec un pétrole à 60 dollars.

Quelles solutions s’offrent au gouvernement ?

Cette crise aiguë, comparable à celle de 2017, n’offre pas beaucoup de choix au gouvernement. Ce dernier sera obligé de faire appel au financement non conventionnel qui avait été décrété comme incontournable pour honorer les engagements financiers de l’État, il y a deux ans de cela. Cette mesure impopulaire, qui risque de dévaloriser davantage la monnaie nationale et d’augmenter le taux d’inflation, ne fera qu’accentuer la crise politique que traverse le pays et fragiliser un gouvernement déjà décrié.

L’autre option qui s’offre aux décideurs serait de faire appel aux institutions financières internationales, telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire internationale pour des crédits. Cette option aussi ne ferait pas l’unanimité au sein de populations. Elle rappelle un épisode lors duquel le secteur public national a été détruit avec, comme conséquence, plus d’un million de postes d’emploi perdus.

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