Afin de lutter contre la propagation du coronavirus, l'Algérie et la Tunisie ont décidé de fermer les frontières terrestres entre les deux pays voisins. Une décision qui a eu pour effet de bloquer plusieurs Algériens en Tunisie. Parmi eux, une personne qui a accepté de témoigner au site arabophone Ennahar. Il raconte le calvaire qu'il vit depuis de nombreuses heures avec plusieurs autres personnes dont des bébés et des personnes âgées.

Les gouvernements algérien et tunisien se sont mis d’accord depuis dimanche 15 mars pour fermer la frontière terrestre aux touristes des deux pays. Une décision prise conjointement entre les deux pays afin de faire face à la propagation du Covid-19. Ceci a engendré le blocage de plusieurs citoyens algériens dans le pays voisin. C'est ce qu'a affirmé Nadjib, un Algérien bloqué aux frontières algéro-tunisiennes. "Nous étions plus de 200 personnes à être bloqués depuis plus de 24 heures", dit-il. L'Algérien raconte que lui et ses concitoyens avaient contacté le Consulat d'Algérie en Tunisie pour trouver une solution. "On nous a promis un vol spécial". Mais le lendemain, "nous avons attendu de 8 h du matin jusqu'à 20 h du soir devant le Consulat. Finalement, ils nous ont ramené quatre bus".

Les Algériens arrêtés à la frontière algéro-tunisienne

Arrivés à la frontière algéro-tunisienne à minuit, Nadjib raconte que deux des quatre bus ont été arrêtés au niveau du poste d'Oum Teboul (El Tarf). "Les deux premiers bus ayant démarré plutôt sont passés. Des voitures et des taxis sont également passées. Mais nos deux bus ont été interdits de passage", explique-t-il. Et d'ajouter : "Nous avons subi le contrôle avec les cameras thermiques, sans problème. Mais la PAF a refusé de nous rendre nos passeports". Après des réclamations, les Algériens ont été informés de leur mise en isolement. "Nous n'étions pas contre l'idée. On ne veut pas être derrière la contamination de nos proches", confie le touriste algérien.

"On nous a conduit dans la forêt"

Par la suite, la même personne révèle qu'ils ont été conduits dans une forêt "qui se trouve nulle par. "Il y avait même des sangliers qui traînaient par là", déplore-t-il. Il raconte le calvaire vécu pendant leur mise en quarantaine. "On n'avait ni eau, ni sanitaires. Il y avait parmi nous une femme cancéreuse, avec une hémorragie. Une autre femme âgée de 85 ans était très malade. Il y avait aussi un bébé d'un mois qui n'a rien mangé".

Après avoir subi un deuxième test, il s'est avéré qu'aucun Algérien ne présentait de signes de maladie. Ils ont alors récupéré leurs passeports et embarqués dans des bus. Mais à la surprise générale, "le chef de brigade est monté pour nous informer que le ministre de l'intérieur a rappelé le wali, et lui a demandé de ne laisser passer aucune personne", raconte Nadjib dépité. Les Algériens ont de nouveau été reconduits à leur lieu d'isolement. Quelques personnes ont tenté de protester, mais elles ont été interpellés et agressées.

Les Algériens restent bloqués à la frontière de l'Algérie et la Tunisie. Loin de leurs proches, ils souhaitent que les autorités algériennes interviennent afin de mettre fin à leur mésaventure. "Si on est malades, qu'on nous mette dans un lieu spécialisé, pas dans une forêt", réclame Nadjib.

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