Au lendemain de la décision portant sur la suspension de l'exportation des produits stratégiques, prise par le président de la République, les opérateurs économiques nationaux impactés par cette mesure font part de leurs inquiétudes quant à l'évolution de la conjoncture économique en Algérie. 

En effet, le gouvernement vient de prendre des mesures urgentes afin de permettre une large disponibilité des produits de première nécessité. Ce qui met dans le désarroi certains opérateurs économiques qui qualifient cette interdiction de « hâtive » et d'« irréfléchie », d'un côté, et de « contraignante » pour les exportateurs, d'un autre.

Il faut dire que ce climat de récession économique ne permet pas aux opérateurs économiques algériens de développer leurs activités. Ces derniers sont appelés à s’adapter vite à cette conjoncture qui n’est pas propice aux affaires. Il est attendu que les entreprises touchées indirectement par la pandémie verront leurs chiffres d'affaires fléchir après la stagnation de leurs activités principales.

Ce qui entraînera, inéluctablement, un arrêt de production et des effets néfastes sur toute l'économie nationale. La situation augure une nette baisse d’activité, ce qui induirait la disparition de plusieurs postes d'emplois et, partant, une hausse du chômage. Pis, plusieurs entreprises risqueront la faillite.

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Pour rappel, la mesure de suspension des exportations des produits stratégiques par le gouvernement intervient au moment où le marché national connaît de fortes perturbations. Ces dernières sont engendrées par les spéculateurs, qui enflamment le marché par la hausse des prix, mais aussi par les pénuries créées par les citoyens, gagnés par la panique, qui se ruent vers les centres commerciaux pour faire leurs provisions en prévision d'un éventuel confinement général. Une donne qui a amené Abdelmadjid Tebboune à prendre des mesures sévères contre les spéculateurs qui exploitent cette situation de panique avec la menace de les traduire devant justice.

Même les petites et moyennes entreprises impactées

L’économie algérienne est à l’arrêt et plusieurs signes le montrent : investissement en baisse, entreprises qui ferment... A ce rythme, c’est toute l’économie du pays qui risque de s’effondrer. Plusieurs PME sont en crise à cause de la baisse de la commande publique et du blocage de budgets. L’état de leur trésorerie est au rouge. Ce qui explique pourquoi plusieurs PMI sont à la traîne. Ça explique aussi la cessation d’activités et la compression d’effectifs. Conscients de la dangerosité de cette situation, plusieurs gérants d’entreprise appellent l'Etat à revoir les dispositions prises récemment en vue de dépasser cette crise qui les touche de plein fouet.

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