Le pôle pénal économique et financier du Tribunal de Sidi M'hamed (Alger) ouvrira lundi 22 avril le plus grand dossier de corruption touchant le secteur du transport maritime en Algérie. Un dossier impliquant d’anciens responsables de plusieurs compagnies de transport maritime.
Selon le journal arabophone Echorouk, l'affaire sera examinée au niveau de la première chambre du pôle pénal économique et financier, où sont poursuivis l'ancien directeur général de la Compagnie nationale algérienne de navigations (CNAN-Nord) « D.A » et les anciens directeurs généraux de la compagnie "A.S.O." et "G.S.A." qui sont en détention provisoire avec 14 autres accusés qui ont été placés sous contrôle judiciaire.
Les mis en cause font face à de lourdes accusations liées à « la conclusion d'accords et de contrats en violation des lois et règlements », à des « irrégularités dans la gestion de la société », et à « une complicité de dilapidation de l'argent public ». Cela en provoquant l'arrêt technique et la non-exploitation des navires de la CNAN-Nord en les mettant à l’arrêt au niveau des ports intérieurs et en arrêtant d'autres navires dans les ports étrangers.
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Plusieurs entreprises de transport maritime ciblées par les enquêteurs
L'enquête a révélé que l'État a soutenu pendant de nombreuses années le Groupe algérien de transport maritime (GATMA), qui comprend six branches, dont deux spécialisées dans le transport maritime de marchandises (CNAN-Nord et CNAN-Med), deux entreprises du secteur des services maritimes (NASHCO et GEMA), une entreprise de transport de passagers (ENTMV) connue sous le nom commercial d’Algérie Ferries et une entreprise de maintenance et de construction navale (ERENAV).
En termes de chiffres, la compagnie maritime CNAN-Nord, qui fait l'objet de l'enquête judiciaire, a bénéficié en 2013 d'environ 4500 milliards de centimes. Mais en raison du recours au favoritisme et au népotisme dans les domaines de l'attribution des marchés et le travail en faveur des compagnies maritimes étrangères ainsi que du flou des règlementations juridiques, des règles et des contrôles, du commerce et du transport maritime, les résultats de cet investissement ne se sont pas concrétisés sur le terrain.
« Un plan délibéré pour détruire la flotte maritime algérienne »
Les investigations ont également montré que le directeur général de la CNAN-Nord, qui a été placé en détention provisoire mardi dernier, serait le principal responsable de ces affaires de corruptions au sein de la compagnie, rapporte Echorouk, citant des sources proches du dossier. L’enquête a montré qu'entre 2014 et 2016, le directeur emprisonné a violé les instructions du Conseil des participations de l'État d'acheter 16 nouveaux navires pour le transport de marchandises.
Au lieu de cela, le mis en cause a acheté 7 navires anciens, usagés et non construits spécifiquement pour la CNAN-Nord. Ces navires étaient d'un seul type, ce qui a été considéré « comme un plan délibéré pour détruire la flotte maritime algérienne et favoriser les concurrents étrangers », selon les enquêteurs. Ces navires ont subi une usure due à la négligence et au manque d'entretien ce qui les a rendus définitivement inactifs. Ils sont soumis à des réserves techniques et à l'arraisonnement dans les ports étrangers, comme le stipule le droit maritime international.
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