La femme décédée dans la nuit du 19 au 20 mars à Tizi Ouzou à cause du coronavirus a été enterrée ce samedi 21 mars dans son village, Mira, dans la commune de Timizart.

L'enterrement s'est déroulé pratiquement « à huis clos », puisque seules quelques personnes de l'entourage immédiat de la défunte ont assisté à la cérémonie. « Ça fait partie des mesures de prévention contre le coronavirus », explique le maire de la commune de Timizart, Lounes Djouad.

< On l'a enterrée, mais on n'a pas encore fait notre deuil », s'exprime le fils de la défunte, Hocine Zerar. Ce dernier n'a pas caché sa colère à cause « de la défaillance » des services concernés. « Ce sont nous-mêmes, les membre de sa famille, qui l'avons enterrée, sans l'assistance d'aucun médecin, encore moins d'un responsable du secteur », dénonce-t-il. Et d'ajouter que sa famille est livrée à elle-même. « La tristesse, la peur et la psychose se mêlent en nous. Nous n'avons subi aucun dépistage pour vérifier si on n'est pas contaminés. Dans pareil cas, un psychologue devrait en principe nous suivre pour nous aider à surmonter cette épreuve », estime-t-il.

Le fils de la défunte : « On n'a pas encore fait notre deuil »

Hocine Zerar a tenu à revenir sur les conditions de décès de sa mère et de son enterrement. « Ma mère ne présentait aucun signe de cette pandémie. Elle ne toussait pas, elle respirait normalement et point de fièvre...», témoigne-t-il. Celui-ci doute même de la cause sa la mort. « Je pense que ma mère n'a pas chopé ce virus », dit-il. Il rappelle que sa mère a été admise à l'EPH d'Azzefoun mercredi matin. Et ce n'est qu'en fin de journée qu'elle a été mise en isolement. « Pendant tout ce temps, on était avec elle. Ne risque-t-on pas, nous, membre de sa famille, d'être contaminés aussi ? », se demande le fils de la première victime du coronavirus en Kabylie.

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« Après sa mort, on a fait des mains et des pieds pour la faire sortir de l'hôpital et l'enterrer, car personne ne voulait prendre la responsabilité. Le problème qui se posait, c'était qui devait aller à la morgue pour faire sortir la dépouille », dénonce-t-il.

« Nous sommes livrés à nous-mêmes »

« Il a fallu passer aux menaces pour réussir à faire sortir le corps de l'EPH », avoue le fils endeuillé. En effet, ce samedi matin, ce dernier s'est présenté à l'EPH en brandissant la menace de faire venir les villageois de Mira et de procéder à la fermeture de l'hôpital. « Suite à quoi, on a enfin accepté notre requête », raconte Hocine Zerar. Celui-ci ne manquera pas de révéler une autre anomalie : « Ce sont deux bénévoles de l'EPH qui nous ont assistés pour faire sortir le cercueil de la morgue. Ils nous ont ensuite raccompagnés au village. Sinon, aucun médecin, ni responsable n'a été présent ».

La défunte a été ensuite conduite vers le cimetière du village pour être enterrée par quelques membres de sa famille, dont son fils Hocine.

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