Les services de la Sûreté de la wilaya d'Oran ont convoqué, samedi 21 mars, le réalisateur d'une émission de "caméra cachée" pour enquêter au sujet d'une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux et qui surfe sur la panique engendrée par la propagation du covid-19.

La vidéo en question, vue et partagée par les internautes, met en scène des personnes équipées de protections médicales et entourant un marchand ambulant, présenté comme étant un cas suspect de coronavirus. On voit alors la panique s'emparer des passants, dont certains se sont agglutinés devant les comédiens déguisés en professionnels de la santé, pour avoir des explications. Ces derniers finissent alors par dévoiler aux citoyens que c'est une "caméra cachée" produite pour une chaîne de télévision privée locale. La diffusion de cette émission aurait été programmée pour le mois de Ramadhan.

Les comédiens ont motivé cette mise en scène par la volonté de sensibiliser la population au danger du coronavirus. Néanmoins, les passants, insurgés et indignés, n'ont pas manqué de leur rétorquer que la crise sanitaire à laquelle sont confrontés le pays et le monde n'a pas besoin de plus frayeur et de fausses rumeurs.

Sur les réseaux sociaux, les internautes, scandalisés, ont qualifié d'irresponsables les initiateurs de cette idée et ceux qui l'ont mise en pratique. Cible de critiques, le réalisateur de la caméra cachée a présenté ses excuses sur sa page Facebook, ainsi que sur une chaîne de télévision. Il a, néanmoins, tenu à souligner qu'il n'avait jamais reçu autant de critiques sur l'une de ses caméras cachées durant ses "36 ans de carrière".

Interpellée par cette polémique, l'Autorité de régulation de l'audiovisuel (ARAV) a réagi en rappelant à l'ordre les médias audiovisuels. En effet, l'ARAV, dans un communiqué rendu public, a ordonné aux médias de ne pas relayer de fausses informations et d'éviter l'instrumentation de la présente crise sanitaire.

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