Le ministre de la Santé, de la Population et la Réforme hospitalière, Abderrahamane Benbouzid, a annoncé, lundi 23 mars, le lancement d’un traitement contre le coronavirus en Algérie. Il s'agit de la chloroquine. L'utilisation de ce remède, adopté dans de nombreux pays, soulève toutefois un débat chez les spécialistes de la santé.

Alors que le coronavirus ne cesse de se propager dans le monde, de nombreux pays ont décidé d'autoriser l’utilisation de la chloroquine pour lutter contre cette pandémie. C'est le cas notamment de l'Algérie, qui a mis en place comité scientifique pour utiliser ce protocole.

C'est quoi la chloroquine ?

La chloroquine est un antipaludéen indiqué dans le traitement et la prévention du paludisme (malaria). Les médecins le recommande souvent lorsque l’on prévoit de se rendre en zone infestée par le parasite du paludisme, transmis par les moustiques. Peu onéreux, il est également utilisé en rhumatologie et en dermatologie. La chloroquine existe également sous une molécule dérivée appelée l'hydroxychloroquine.

Chloroquine et coronavirus

En février, des chercheurs chinois avaient affirmé que la chloroquine empêchait les étapes d'entrée et de sortie du virus Covid-19. Depuis, plusieurs chercheurs se sont lancés dans des expériences afin de confirmer ou d’infirmer cette thèse. En France, le Pr Didier Raoult, directeur de l'Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection de Marseille (Bouches-du-Rhône) a fait une expérience "concluante", selon lui. Ainsi, le 16 mars dernier, il a administré de la chloroquine à 20 cas atteints du coronavirus de son service. Six jours après, l'infectiologue indiquait que seuls 25 % d'entre eux étaient encore porteurs du virus. Tandis que 90% de ceux qui n'avaient pas reçu le traitement étaient toujours positifs.

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Grosse confusion autour de l'utilisation de la chloroquine

Néanmoins, bien que le Pr Raoult soutienne que la chloroquine demeure le remède "miracle" contre le Covid-19, ils sont plusieurs médecins et hospitaliers à avoir déconseillé son utilisation à cause des nombreux effets secondaires, potentiellement dangereux pour les patients.

À ce propos, une ONG œuvrant dans le domaine de la santé aux Etats-Unis a révélé qu'un homme d’une soixantaine d’années est mort en Arizona, après avoir ingéré du phosphate de chloroquine. En France, le Haut conseil de santé publique a recommandé depuis lundi de « ne pas utiliser de chloroquine en l’absence de recommandation, à l’exception de formes graves, hospitalières, sur décision collégiale des médecins et sous surveillance médicale stricte».
Pour sa part, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé à la prudence concernant la chloroquine, en raison du faible nombre de patients qui ont subi ce traitement.

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