Le procureur-adjoint près le tribunal de Tiaret, à l'ouest de l'Algérie, Kada Abad, a été placé en détention provisoire à la prison de la même wilaya, a rapporté mardi 24 mars 2020 la télévision algérienne. Selon la même source, le procureur adjoint "était en relation avec le patron d'un site d'information. Il s'agit de "Abdou Semmar auquel il fournissait des informations et des documents relatifs à des affaires judiciaires".

Le site arabophone Ennahar qui a également rapporté l'information a indiqué, citant "une source bien informée" que les autorités compétentes avait reçu des informations indiquant que l'accusé était en relation  avec "une personne résidant à l'étranger et lui fournissait des documents et des rapports judiciaires".

Suite à quoi, la gendarmerie nationale de la wilaya de Tiaret a enclenché une enquête. Les investigations approfondies des services de sécurité ont permis de découvrir que le magistrat en question était "effectivement" en relation avec une personne résidant en France. Il s'agit donc de Abdou Semmar, patron d'un site d'information algérien que le dit magistrat alimentait en documents et informations judiciaires, affirme le même média.

Il est vrai que le journaliste a été derrière l'éclatement de certaines affaires classées pourtant "top secret". La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a annoncé qu'elle allait l'ester en justice, le 20 février dernier, pour une publication jugée "malveillante et infondée". Il a été, par ailleurs arrêté après avoir été poursuivi en justice par le patron du groupe d'information Ennahar, Anis Rahmani, pour diffamation.

Il faut dire que la justice algérienne n'a pas chômé depuis quelques mois. Plusieurs affaires ont été traitées. Des affaires liées notamment à la corruption dont ont été acteurs, de hauts responsables à l'ère du président déchu, Abdelaziz Bouteflika. Des Hirakistes et autres militants ont également comparu devant de différents tribunaux du pays.

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