Le président Abdelmadjid Tebboune a signé ce mercredi 1er avril un décret présidentiel graciant​ 5 037 personnes condamnées. Une mesure de clémence qui ne concerne cependant qu'une partie des détenus condamnés, a indiqué un communiqué de la Présidence de la République repris par l'agence officielle (APS).

En effet, selon le communiqué de la Présidence de la République, « les mesures de grâce concernent les individus non détenus condamnés définitivement dont il ne reste de leur peine que douze (12) mois ou moins à purger, ainsi que ceux dont il ne reste de leur peine que dix-huit (18) mois ou moins à purger ».

Cette décision du Chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune concernerait également « une réduction partielle de 18 mois de la peine si le restant à purger est supérieur à 18 mois et égale à 20 ans au moins ». En outre, le même communiqué précise « la réduction totale et partielle de la peine est portée à vingt-quatre (24) mois pour les détenus, condamnés définitivement, dont l'âge est égal ou dépasse 60 ans à la date de la signature du décret », poursuit la même source.

Les personnes non concernées par la grâce

Par ailleurs, la même source révèle que cette grâce exclut "les individus condamnés par les juridictions militaires". Elle ne concerne pas également les personnes reconnues coupables de "massacre, trafic de drogues, fuite, parricide, empoisonnement, les délits et crimes d'attentat à la pudeur avec ou sans violence sur mineurs avec viol", ajoute la même source.

En outre, le décret signé par le président algérien ne touchera pas les condamnés suite aux "crimes de dilapidation volontaire et de détournement de deniers publics, et en général tous les crimes de corruption prévus par la loi 06-01 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, le blanchiment d'argent, falsification de la monnaie et contrebande, ainsi que les infractions à la législation et à la réglementation de changes et des mouvements des capitaux", conclut le communiqué.

Rappelons que de nombreux avocats se mobilisent depuis quelques jours pour la libération de prisonniers à cause du coronavirus. À ce propos, l’avocat Miloud Brahimi avait lancé un appel au ministère de la Justice afin de procéder à la libération d’un certain nombre de détenus en cette période de crise sanitaire, qu’il a qualifiée de « situation exceptionnelle ». Il estime que la conjoncture actuelle pourrait constituer un nouveau départ « pour un retour à la loi » en Algérie.

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