Hospitalisé aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), en Suisse, le général-major de l’armée algérienne, Abdelhamid Ghriss a été obligé de quitter les lieux. En effet, les responsables de l'établissement lui ont signifié que l'hôpital était en surcharge à cause de l’épidémie de coronavirus et qu'il devait libérer sa place pour accueillir des malades du Covid-19, rapporte le quotidien suisse La Tribune de Genève.

Selon la même source, celui qui occupe depuis 2018 le poste de secrétaire général du ministère de la Défense nationale (MDN) s'était présenté aux HUG il y a une dizaine de jours. Arrivé en toute discrétion, le général algérien a été programmé pour subir une intervention au niveau du service de cardiologie. Après son opération et alors qu'il devait rentrer en Algérie, Abdelhamid Ghriss a demandé que son séjour soit prolongé dans l'hôpital.

La requête du général algérien refusée

Le général-major avait exprimé sa crainte de ne pas pouvoir revenir en Suisse pour ses visites de suivi postopératoire, en raison de la fermeture des liaisons aériennes entre l’Europe et l’Algérie. Néanmoins, l'officier supérieur de l’Armée algérienne a essuyé un refus catégorique par l’hôpital de Genève. Les responsables des HUG ont expliqué que le pays est en pleine crise sanitaire. Ainsi, l'établissement avait besoin de lits et de tout son personnel médical à cause du grand nombre de victimes du Covid-19. Le général Ghriss a ainsi dû quitter les lieux et rentrer en Algérie. Il se trouve désormais à l’hôpital militaire de Aïn Naâdja, à Alger. D'après la même source, l'hôpital suisse lui a donné un nouveau rendez-vous à Genève pour le mois de juin prochain.

Par ailleurs, le journal helvétique a contacté l’établissement en question dans le but de savoir si les HUG, qui avaient accueilli l’ancien président Abdelaziz Bouteflika en mars 2019, n’accueillait plus les personnalités politiques étrangères habituellement prises en charge. La direction de l'hôpital a répondu qu'« en l’état, nous n’accueillons que les urgences vitales et les patients Covid-19».

Y a-t-il des tensions entre les deux pays ?

Cet "incident" a incité certains médias à évoquer d'éventuelles tensions entre l'Algérie et la Suisse. Des sources parlent même d'une « vengeance » du général Ghriss qui aurait ralenti le rapatriement des ressortissants suisses bloqués à Alger à cause du Covid-19. Toutefois, ces rumeurs sont aussitôt démenties par la porte-parole suisse du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). «Ce dimanche 29 mars, par exemple, un vol de retour pour des voyageurs suisses bloqués à l’étranger à cause du coronavirus a pu se réaliser grâce à la collaboration exemplaire des autorités algériennes», répond-elle. Avant de poursuivre: « Les consultations politiques entre les deux pays sont régulières. Le dernier round a eu lieu au mois de novembre de l’année passée ».

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