L’Algérie a commencé depuis dimanche 5 avril l'expérimentation de l’enseignement à distance. Si dans certains cas, la transition se déroule bien, de nombreux exemples montrent toute la difficulté à assurer une continuité pédagogique, en ces temps de confinement, selon les témoignages recueillis par le quotidien francophone Liberté.

En effet, de nombreux parents ont exprimé leur difficulté à accompagner leurs enfants dans cette tâche qui s'avère compliquée. Pour Selma, qui doit s'occuper de ses deux fils, l’un au primaire et l’autre au collège, le souci est organisationnel. Entre son télétravail et l'assistance à ses enfants, cette maman ne se retrouve plus. « Ce n’est pas évident de pouvoir consacrer, à chacun d’eux, le temps qu’il faut pour assimiler les cours et faire les exercices en sus des heures passées à travailler pour mon entreprise », se plaint-elle.

Même discours chez une autre parente. « À croire que tous les parents n’avaient plus que cette préoccupation, c’est-à-dire comment replonger leurs enfants progressivement dans une ambiance studieuse », déclare-t-elle. Elle explique avoir « envoyé (ses) enfants au lit tôt pour qu’ils puissent suivre les cours sur les chaînes de télévision dès 9h le lendemain. Finalement, ces dernières ont diffusé les programmes matinaux habituels ».

Débit internet faible, foyers non équipés et durée des cours trop courte

Il faut dire que le ministère de l’Education nationale avait publié les liens des chaînes Youtube pour assurer des cours aux élèves confinés des trois cycles. Toutefois, certains parents ont affirmé que le site du département de tutelle, dédié au soutien scolaire en cette période de confinement, n’était pas opérationnel dimanche.

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De son côté, Khaled Ahmed, président de l’association des parents d’élèves révèle avoir reçu plusieurs plaintes de la part des parents. Il affirme que de nombreux d'entre eux souffrent du faible débit internet en Algérie. Tandis que d'autres ne sont même pas équipés d'ordinateurs. D'autres estiment également que la durée des cours est trop courte pour leurs enfants.

Mais Khaled Ahmed affirme que son association a fait part « des échos qui parviennent des parents au ministère de l’Éducation nationale afin de régler les problèmes". Pour lui, "l’enseignement à distance reste une solution partielle. Elle ne remplace pas les cours dispensés en classe avec une présence physique de l’enseignant ».

Pour rappel, les pouvoirs publics ont décidé le 12 mars dernier d’avancer les vacances scolaires prévues le 19 du même mois. C’est ainsi que les établissements scolaires ont été fermés dès le jeudi 12 mars. Les élèves devaient reprendre dimanche 5 avril, mais la persistance de la pandémie et son pic prochain, n’ont pas permis la reprise du troisième trimestre.

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