Les maires et les élus locaux sont-ils soumis à une autorisation pour circuler dans le territoire de leurs communes respectives en ces temps de confinement ? En tout cas, c'est ce que fait comprendre, lundi 6 avril, un député de la wilaya de Bejaïa, en l'occurrence Chafaâ Bouaïche du FFS, à travers un post sur sa page Facebook.

Le  parlementaire de cette wilaya de Kabylie est monté au créneau en fait pour dénoncer "l'instruction". Il a appelé d'ailleurs les élus locaux de faire pareil et ne pas respecter la dite note. « Comment se fait-il qu'un élu du peuple soit soumis à une autorisation du chef de daïra pour circuler dans sa commune ? Le maire n'est-il pas le premier magistrat de sa municipalité appelé à veiller sur la sécurité de ses concitoyens en cette crise sanitaire ? », se demande en substance le député.

Très virulent, Chafaâ Bouaïche a descendu en flammes les chefs de daïras « confinés dans leurs bureaux avant l'apparition du coronavirus », ironise t-il. Le député trouve anormal que les élus locaux, dont le président d'APC, se trouvent sous le contrôle de ces « commis de l'Etat ». Pour lui, c'est le maire qui devrait signer les autorisations exceptionnelles de circulation imposées dans le cadre des mesures de prévention contre le coronavirus.

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"Nous remettrons sans tarder les clés de nos mairies"

Même sentiment de révolte chez le maire de Fenaïa Ilmaten, dans la même wilaya de Kabylie. Celui-ci souligne dans une déclaration que « le pouvoir algérien ne cesse de jeter le discrédit et l’opprobre sur les élus locaux, et encore une fois, la violation de l’éthique se réitère avec une nouvelle décision qui énonce que des points cardinaux de la gestion des communes ne relèvent plus des maires et que les autorisations de déplacement de la population durant les heures de confinement seront signées uniquement par le wali et les chefs de daïras ».

Et d'expliquer que « durant toute l’année, le premier magistrat de la commune est le seul à régler tous les problèmes abyssaux de son territoire; avec un pouvoir restreint, car centralisé, et un budget chétif et déshonorable qui ne couvre même pas la moitié des besoins des collectivités, il est le seul à endosser toutes les incompétences et mauvaise gestion d’innombrables administrations, et le seul qui doit conjuguer des moyens fantômes afin de gérer harmonieusement tout un territoire et de satisfaire les doléances de tout un chacun dans une conjoncture frappée des sceaux de l’impuissance, de l’indigence et de la dictature ».

Pour conclure, le Président de l'APC de Fenaïa Ilmaten (Bejaïa) invite les autorités à confier complètement la gestion des collectivités locales pour les walis et les chefs de daïra. « Si le wali et les chefs de daïras, aux yeux de l’Etat, représentent les hommes ayant les compétences sine qua non pour gérer nos communes, nous les invitons à continuer cette tâche à l’infini et nous leur remettrons sans tarder les clés de nos mairies pour qu’ils accomplissent leur dessein savamment et qu’ils administrent les collectivités territoriales », a t-il dit.

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