Ils sont des centaines de médecins algériens qui ont fui le pays pour une raison ou une autre en quête de meilleurs cieux. Une grande partie d'entre eux se sont établis en France. Avec la propagation du coronavirus dans ce pays, à l'instar de leurs collègues français et les autres médecins étrangers sont au premier rang de la lutte. Sont-ils récompensés pour autant ? 

Se référant à une lettre ouverte destinée au Premier ministre français par treize personnalités du monde médical français, la réponse est négative. « Leur salaire est souvent dérisoire par rapport à ceux de leurs collègues », écrivent en substance ces figures de proue du monde médical français dans la lettre en question.

Au premier rang contre le coronavirus pour un salaire dérisoire

Selon un de ces médecins, Mathias Wargon qui exerce comme chef de service des urgences du Centre hospitalier de Saint-Denis, près de Paris, ces praticiens étrangers « gagnent en général 2 000 euros par mois, même si les salaires peuvent parfois monter jusqu’à 2 600 euros ».

Les « stagiaires associés », qui travaillent comme internes, même si ce sont des médecins dans leurs pays, « gagnent pour leur part 1 500 euros. Pour les mêmes postes, un médecin à diplôme français gagne 3 500 euros », souligne le même médecin. Celui-ci atteste que « chez moi, tous les médecins quasiment sont à diplôme étranger. Si je ne les avais pas, il n’y aurait pas de service d’urgence », a-t-il expliqué. Beaucoup viennent du Maghreb, d’Afrique et de l’ancien bloc soviétique et ils sont compétents, selon lui.

4000 à 5000 médecins étrangers issus pour la plus part du Maghreb

Ils sont entre 4 000 et 5 000 médecins dits "Padhue" (praticiens à diplômes hors Union européenne), originaires notamment d’Afrique, du Maghreb et de l’ancien bloc soviétique, qui officient actuellement comme non-titulaires en France, principalement dans les hôpitaux publics, rapporte le journal français Sud Ouest.

« Ces médecins à diplôme étranger qui luttent au quotidien méritent la reconnaissance de la République pour leur engagement en première ligne, alors que leur salaire est souvent dérisoire par rapport à ceux de leurs collègues », écrivent encore les 13 personnalités médicales. « Ils risquent de retourner à la précarité et à l’incertitude sur leur avenir en France une fois la crise surmontée », mettent-ils en garde.

Par conséquent, ces figures du monde médical réclament l’égalité salariale et une meilleure intégration au système de santé français pour les médecins à diplôme étranger. Ils réclament ainsi que leurs collègues étrangers soient mieux payés et inscrits au Conseil des médecins.

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