L'Algérie enregistre un taux de mortalité très élevé depuis l'apparition de la pandémie du coronavirus. Avec un pourcentage qui avoisine les 15 %, le pays compte le taux de mortalité le plus important du continent africain. Et ce malgré que le nombre de personnes atteintes de la maladie soit inférieur à celui d'autres pays comme l’Afrique du sud. Pourquoi cette différence ? Des spécialistes de la santé en Algérie ont essayé de répondre à cette question au média Radio France internationale (RFI).

D'après les chiffres du ministère de la Santé, au vendredi 10 avril, l'Algérie compte 1761 cas de contamination au Covid-19, dont 256 décès. Si on établissait le taux de mortalité par rapport au nombre de cas confirmés, on obtiendrait 14,5 %. En Afrique, il s'agit du taux le plus élevé. Si on prend par exemple l'Afrique du Sud, qui compte le plus grand nombre de cas de contaminations au coronavirus sur le continent avec 2003 cas, dont 24 morts, le taux ne dépasse pas les 1 %. Pour sa part, l'Egypte, enregistre un taux de mortalité de 7,5 % (1794 cas,135 décès). Quant au voisin du Maroc, le taux est de 7,2 % (1527 cas pour 110 décès).

Le nombre de malades atteints de Covid-19 en Algérie remis en question

Selon des médecins algériens, cette différence des taux de mortalité a une explication. Pour eux, le nombre de cas positifs au coronavirus est beaucoup plus important dans le pays. C'est ce qu'explique à RFI, Lyès Merabet, président du Syndicat national des praticiens de santé publique. « Le chiffre officiel des nouveaux cas reste lié au nombre de kits de dépistage », a-t-il affirmé tout en révélant que le nombre de tests pratiqués au quotidien ne dépasse pas les 200 tests.

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Face à ce manque de kits de dépistage, des médecins ont recours à d'autre moyen. « Quand les personnes toussent beaucoup, pour les diagnostiquer, nous leur faisons passer un scanner des poumons », révèlent-ils.

Le ministère de la Santé affirme avoir opté pour «la transparence»

Lors d’une visioconférence au siège ministère de la Santé à Alger jeudi dernier, le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid avait réfuté les allégations selon lesquelles les autorités sanitaires algériennes cacheraient les vrais chiffres concernant le nombre de victimes dues au coronavirus en Algérie. À cet effet, il a notamment déclaré que «certains pays européens ne déclarent pas les morts en dehors des structures hospitalières, tandis que d'autres ne font pas de tests pour le coronavirus». Et de poursuivre : «En Algérie, nous avons opté pour la transparence. Les chiffres de décès paraissent élevés, car nous avions, dès le début, pris en compte des décès naturels qui n'étaient pas forcément liés au coronavirus», a-t-il indiqué.

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