Le procureur de la République près le tribunal de Koléa, dans la wilaya de Tipaza, a démenti, samedi 11 avril, l’information relayée sur les réseaux sociaux et faisant état du décès de 12 détenus à la prison de la ville à cause du coronavirus.

"Suite à des informations relayées hier sur les réseaux sociaux, indiquant le décès de 12 détenus à la prison de Koléa, des suites à l’épidémie du Covid-19, et le refus du ministère de la justice de remettre les dépouilles aux familles, nous tenons à informer l’opinion publique, que ce qui a été publié est totalement infondé", indique en effet un communiqué du procureur de la République.

Le magistrat annonce l'ouverture d'une enquête afin d'identifier l'auteur de cette rumeur. "Vu la gravité de ces allégations et leurs répercussions sur la quiétude des citoyens dans cette conjoncture, le parquet annonce l’ouverture d’une enquête afin de débusquer leur auteur", indique le même document.

Un premier décès enregistré dans la même prison

Rappelons que la prison de Koléa a enregistré, la semaine écoulée, le décès d'un détenu. La victime morte du coronavirus était un médecin et un ancien bras droit de l’ex ministre de la solidarité et patron du FLN, Djamel Ould Abbes. L'information de ce cas de décès a été confirmée par  l’avocat de l’ex-ministre Djamel Ould Abbes, Farouk Ksentini.

"C’est effectivement une information vérifiée", dit-il. Il explique que "le défunt est détenu dans l’affaire de mon client. C’est un médecin qui présidait l’une des commissions mises en place par Djamel Ould Abbes lorsqu’il était en fonction", a-t-il déclaré.

La prison de Koléa isolée

Il s’agit du premier décès dû au Covid-19 signalé dans une prison algérienne. D'ailleurs suite à cette nouvelle, les autorités judiciaires ont aussitôt ordonné d’isoler la prison de Koléa. Ainsi, les prisonniers ne sont plus autorisés à sortir hors du pénitencier. Par ricochet, Ils ne peuvent plus être présents en cas de comparution devant les tribunaux.

Notons que plusieurs personnalités sont détenues à la prison de Koléa, dont le journaliste Khaled Drareni et le coordinateur de l'UDS, Karim Tabbou. D'aucuns attendaient que les détenus politiques et d'opinion soient relâchés pour libérer de l'espace dans la prison, afin d'endiguer la propagation du coronavirus. Particulièrement depuis que l'ONU a appelé les gouvernements à vider les prisons.

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