L'euro a connu une nette flambée de son prix en cette fin de semaine sur le marché parallèle de devises en Algérie. En effet, malgré un grand recul de la demande, la devise européenne est en hausse pour les rares transactions qui ont eu lieu. En outre, à l’heure où les vendeurs et les acheteurs se font de plus en plus rares au niveau des principaux marchés noirs des devises, les grands commerçants monopolisent la monnaie pour la spéculation après la fin de la crise sanitaire que vit le pays.

La valeur de l'euro reste toujours très élevée par rapport au dinar algérien, malgré la faible demande sur la monnaie européenne. En ce jeudi 16 avril, la devise européenne reste difficile à trouver sur le marché noir. Comme c'est le cas au Square Port Saïd à Alger où les rues qui y mènent ne sont pas bondées de vendeurs comme c'était le cas auparavant. Ainsi, les rares cambistes proposent l'euro à 192 dinars à la vente et l’achètent à 187 dinars pour un euro. En outre, les prix de la monnaie américaine ont également enregistré une légère hausse. Un dollar s'échange à 174 dinars à la vente et 170 dinars à l'achat. Quant au dollar canadien, il est cédé à 123 dinars à la ventre contre 118 dinars à l'achat.

Le marché parallèle continue ainsi de défier toutes les logiques économiques. Après la paralysie du trafic aérien, l'annulation de la Omra et la fermeture des postes frontaliers, la demande de devises a fortement diminué. Les observateurs avait alors prédit une chute brutale des prix de l'euro au niveau des marchés noirs en Algérie. Ce qui n'est pas arrivé.

Des cambistes monopolisent les devises

Interrogés par le quotidien arabophone El Khabar, des spécialistes en économie ont affirmé que les grands vendeurs qui approvisionnent le marché parallèle en monnaie, sont dernière cette situation. N'acceptant pas la perte lors des fluctuations saisonnières, ils tendent à monopoliser la liquidité afin qu'il n'y ait pas d'offre excédentaire au détriment de la demande. Ce qui explique le fait que les prix des devises sur le marché parallèle n'ont pas chuté de façon spectaculaire en Algérie.

C'est ce qu'explique Abderrahmane Benkhalfa expert financier et ancien ministre des Finances. "Selon des spécialistes mondiaux de la santé, les conséquences de la crise de la propagation du coronavirus pourraient s'étendre jusqu'à cinq mois au plus tard (...). Les grands cambistes stockent la devise pendant plusieurs semaines pour maintenir les prix et l'empêche de s'effondrer", a-t-il indiqué.

Les prix de l'euro atteindront des niveaux record

Selon l'expert financier, le prix de la monnaie européenne sur les marchés parallèles atteindra des niveaux record à la fin de l'année. Avec la sortie de la crise sanitaire, "il y aura une très forte demande sur les devises pour des échanges commerciaux, les voyages touristiques et religieux ainsi que les investissements", explique M. Benkhalfa.

Il a en outre appelé les autorités algériennes à maîtriser la situation "par des mesures préliminaires qui empêchent les commerçants parallèles de saisir les opportunités et d'imposer leur logique sur le marché parallèle, afin qu'il y ait un équilibre entre le taux de change approuvé dans les banques et celui des marchés parallèles".

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