L’Intelligence artificielle (IA) en Algérie entre dans une nouvelle phase. Après plusieurs années consacrées à la définition d’une stratégie nationale, le pays veut désormais passer à des projets plus concrets, notamment dans le développement de ses propres modèles d’intelligence artificielle. Parmi les priorités affichées figure la création de grands modèles de langage (LLM) adaptés aux réalités linguistiques et culturelles algériennes.
Cette nouvelle étape s’est matérialisée avec l’installation de cinq commissions thématiques chargées d’accompagner la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’intelligence artificielle à l’horizon 2030. La commission consacrée aux LLM aura notamment pour mission de contribuer au développement de modèles capables de répondre aux besoins spécifiques du pays.
Des LLM adaptés aux langues et aux réalités algériennes
Les grands modèles de langage sont aujourd’hui au cœur de la révolution de l’intelligence artificielle. Ils permettent notamment de comprendre et de produire du texte, d’assister les utilisateurs, de traiter des documents ou encore de développer des applications intelligentes.
Économie Transfert des recettes : l'Algérie garantit un délai de 24 heures aux compagnies aériennes
Pour l’Algérie, l’enjeu est de ne pas simplement utiliser les modèles développés à l’étranger, mais de disposer progressivement de solutions capables de mieux prendre en compte son environnement linguistique, culturel et administratif.
Cette orientation pourrait notamment concerner les différentes langues utilisées dans le pays et les spécificités du contexte national. L’objectif est de construire une expertise locale et de disposer de modèles pouvant être exploités dans différents secteurs.
Cinq commissions pour accélérer la stratégie IA
La mise en place des cinq commissions doit permettre de structurer cette nouvelle phase. La première est consacrée aux données et aux infrastructures, deux éléments essentiels pour entraîner et faire fonctionner des modèles d’intelligence artificielle.
Une deuxième commission s’intéresse au financement des projets de recherche et d’innovation. La troisième est dédiée aux LLM. Les deux autres concernent la création d’un doctorat spécifique à l’intelligence artificielle et la formation continue.
Économie Pétrole : les banques alertent sur un possible retour du baril à 120 dollars
Cette organisation montre que l’Algérie cherche désormais à agir sur plusieurs fronts en même temps : infrastructures, financement, recherche, modèles d’IA et compétences humaines.
50 000 spécialistes en intelligence artificielle d’ici 2030
L’un des objectifs annoncés est particulièrement ambitieux : former 50 000 spécialistes en intelligence artificielle à l’horizon 2030.
Le développement de LLM nationaux nécessitera en effet des ingénieurs, des chercheurs, des spécialistes des données et des experts capables de concevoir, entraîner et améliorer ces modèles. La formation apparaît donc comme l’un des principaux défis de cette stratégie.
Dans cette logique, la création annoncée d’un Centre national de recherche en intelligence artificielle et en données doit renforcer les liens entre recherche universitaire, innovation et applications concrètes.
Économie Algérie : ces secteurs poussent les exportations hors hydrocarbures vers un nouveau record
Vers une IA made in Algeria ?
L’ambition affichée dépasse donc la simple adoption des outils d’intelligence artificielle existants. L’Algérie veut progressivement construire un écosystème capable de produire ses propres technologies.
Des applications concrètes sont également annoncées, notamment un système de gestion fiscale utilisant l’IA et un système algérien multisectoriel destiné à généraliser l’utilisation de ces technologies.
Le véritable défi sera désormais de transformer ces orientations en réalisations concrètes. Si les infrastructures, les données et les compétences suivent, les LLM made in Algeria pourraient devenir l’un des projets phares de la stratégie nationale d’IA à l’horizon 2030.
