Une première depuis 40 ans. Le Printemps berbère ne sera pas célébré cette année en Kabylie puisque toutes les activités et manifestations culturelles sont suspendues en Algérie par mesure de précaution contre la pandémie de coronavirus. L'heure est toujours à la lutte contre cette maladie qui continue de faire des victimes à travers le pays.

La Kabylie se voit, cette année, dans l'obligation de faire l'impasse sur la célébration du Printemps berbère (20 avril 1980). Une date repère pour la région, voire pour toute l'Algérie, commémorée jusque-là infailliblement à Tizi Ouzou, Bejaïa, Bouira et à travers toutes les différentes contrées de Kabylie.

Des marches, des manifestations culturelles, des conférences et autres activités sont initiées chaque année pour la circonstance. Jamais le rendez-vous n'a été manqué, quelle que soit la raison. Même durant les années de braise (entre 1980 et 1990) et l'interdiction qui frappait toute manifestation en relation avec Tamzight, le 20 avril a été marqué dans la clandestinité. Les "anciens" se souviennent encore des galas artistiques animés en nocturne par les chanteurs engagés de la région, comme Matoub Lounes, Ferhat Imazighen Imoula, Lounis Aït Menguelet, etc. au campus universitaire de Oued Aïssi, dans la wilaya de Tizi Ouzou.

Des divergences ont divisé, au fil des années, les acteurs politiques et militants de la cause berbère dans la région, mais sans conséquence sur la célébration de cette date. D'ailleurs, depuis quelques années, pour ne pas dire depuis toujours, le Printemps berbère est commémoré dans la divergence.

Il faut dire que les relations entre les différentes figures de proue du Mouvement culturel et de la cause berbères n'étaient pas au beau fixe durant les années 1980 déjà. L'éclatement a été consommé à l'orée de la décennie 1990/2000. A vrai dire, cette situation a plutôt été bénéfique pour le Printemps berbère qui a été célébré à travers des menus variés et riches. Cette année, le coronavirus a eu raison de ce rendez-vous.